Voici mon serviteur que je soutiensLectures : Es 42. 1 à 7 / Matth. 3. 13 à 17

« Voici mon serviteur que je soutiens… »

En ces jours troublés, où l’actualité nationale et internationale nous inquiète, la Parole de Dieu vient nous rejoindre, nous parler. Elle vient nous questionner sur les choses essentielles et sur les véritables enjeux de la vie.

Que recevoir de la Parole de Dieu ce matin ? Quel éclairage, quelle direction pour nos vies, nos besoins, nos attentes ? En ce jour où nous fêtons à la fois la naissance de Jésus et son baptême (Une des traditions les plus anciennes de l’église, que seules quelques églises, comme l’église arménienne ont conservées), méditons sur ces deux événements marquants de la vie de Jésus.

1°) « Voici mon serviteur que je soutiens… »

En annonçant bien avant, la naissance du Messie, le livre d’Esaïe nous offre de merveilleuses paroles à son sujet. Il nous dit que celui-ci aura comme mission de révéler à l’humanité l’amour infinie de Dieu, sa grâce et sa justice. Il nous dit qu’il accomplira cette mission avec beaucoup d’humilité et de puissance. Une puissance tout autre que celle qui régit notre monde. Celle de l’amour et de la compassion. Il manifestera également une puissance de guérison tant physique que spirituelle. Il aura le pouvoir de sauver de la mort et du jugement ; de donner la vie éternelle à ceux qui croient. Il donnera sa vie pour accomplir pleinement cette mission. Ce qui veut dire que l’enfant de la crèche n’avait pas pour vocation d’y rester ! Ou d’avoir un parcours commun. Le livre d’Esaïe nous dit que sa naissance miraculeuse ne sera pas seulement un « coup d’éclat » de la part de Dieu. Une façon d’impressionner le monde. Cette naissance ne sera que les prémices de ce qui allait advenir par la suite. Le Messie sera résolument humble, plein de compassion pour les plus faibles, les plus vulnérables (« le roseau ployé… la mèche qui s’étiole… »). Il sera une alliance nouvelle entre Dieu et l’humanité. Il sera la lumière des nations. Il accomplira au cours de sa mission de merveilleux miracles, témoins de la souveraineté de Dieu sur sa création. Le prologue de l’évangile de Jean nous dit à son sujet : « Il est venu vers les siens, et les siens ne l’ont pas reçu, mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu, lesquels sont nés non de la chair, ni de la volonté des hommes, mais de Dieu » (Jean 1. 11 et 12)

L’avons-nous reçu, croyons-nous vraiment en Lui ? La question nous est posée ce matin. À chacun d’y répondre personnellement.

2°) « Celui-ci est mon Fils bien aimé… »

L’enfant de la crèche n’est pas resté dans la crèche. Quelques années après, le voici face à Jean Baptiste, le « Fils bien aimé de Dieu », il s’approche avec humilité pour être baptisé. On peut tout à fait imaginer et comprendre l’embarras de Jean Baptiste, qui sait qui est Jésus. Il lui dit : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi… ». Mais Jésus insiste, Jean hésite, puis il cède devant la détermination de Jésus : « Laisse faire maintenant : c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice ». Jean va alors baptiser le seul être qui n’avait pas besoin d’être baptisé. Car il était sans péché. Alors, lorsque l’humilité et l’obéissance se rencontrent, le ciel s’ouvre et l’Esprit descend. Pas besoin de grandes incantations, de grandes prières ; humilité et obéissance ouvrent le ciel en Jésus. « Laisse faire… » dit Jésus. Apprenons, nous aussi, cela pour nos vies, le « lâcher prise ». Acceptons comme Jean Baptiste que parfois, les choses de Dieu ne se passent pas comme nous aurions aimé qu’elles se passent. Pour nous aussi, humilité et obéissance peuvent ouvrir le ciel et déclencher l’œuvre de l’Esprit.

Dans son amour et son humilité, Jésus s’est pleinement identifié à nous pour pouvoir nous sauver. Il a dû accepter notre condition humaine en toute chose hormis le péché. Son baptême devient alors signe de son amour, de sa solidarité avec ce monde perdu ; solidarité avec notre condition humaine. Son baptême est aussi invitation au nôtre. Il indique son importance et sa nécessité. Il indique ce besoin de repentance, de pardon que nous avons tous. Son baptême révèle aussi qui il est et marque le début de sa mission. Ce qui veut dire que pour nous aussi, le baptême révèle qui nous sommes, et marque le début de notre engagement chrétien. Le baptême n’est pas une sorte d’examen de passage, un diplôme ou un passeport pour le ciel. Ce n’est pas le baptême qui sauve, c’est le Christ et la foi en lui. Le baptême n’est pas aboutissement mais début d’un engagement avec Dieu, de nous mettre à son service, au service de son église, de notre prochain. Dimanche prochain nous aurons des baptêmes. Et ce sera l’occasion de nous réjouir avec ceux qui se feront baptiser.

Ce matin, le baptême de Jésus nous questionne tous. Aux baptisés, il demande : « où en êtes-vous de vos engagements ? ». Où en sommes-nous de ces engagements que nous avons pris le jour de notre baptême ? N’avons-nous pas besoin de revisiter certains domaines de nos vies, de notre comportement ? Sommes-nous toujours dignes de notre baptême, conséquents ? Quant à ceux qui ne sont pas encore baptisés, qu’attendons-nous ? Que l’exemple du Seigneur nous inspire et touche nos cœurs en ce jour de fête.

3°) « Voici mon serviteur… mon Fils bien-aimé… »

De la crèche à son baptême, Jésus est venu nous rejoindre. Il nous rejoint dans notre fragilité, comme dans ce besoin d’engagement, ce besoin de donner sens à nos vies.

Dans notre fragilité, il est avec nous. Il comprend nos questions, nos doutes, nos souffrances, nos fatigues, nos inquiétudes… « Car ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés… » (Héb 2. 18) « Il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre le péché » (Héb. 4. 15). Dans notre fragilité, il nous a donné l’Esprit Saint, afin qu’il soit toujours avec nous « Je ne vous laisserai pas orphelin, je viens à vous… » (Jean 14. 18). Il nous donne l’Esprit Saint, celui qui s’est révélé à son baptême, celui qui a été donné aux croyants à la Pentecôte. Jésus est celui qui baptise d’Esprit Saint. Il se veut être notre aide, notre consolateur, notre soutien… Celui qui témoigne aussi à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. (Rom.8) Celui qui nous donne la joie, l’assurance d’être sauvés pour l’éternité.

Le Seigneur nous rejoint aussi dans notre engagement. Il nous a confié également une mission : « Allez faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les… et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Allez, servez, aimez, pardonnez, soutenez, encouragez, … témoignez, priez, chantez, adorez, restez fidèles à vos engagements, réveillez-les, … Faites les mises à jour nécessaires !

« Voici mon serviteur que je soutiens… »

Comme Dieu a soutenu son serviteur, son Messie, Jésus, soyons assurés qu’il soutiendra aussi tous ceux qui suivent ses traces. Obéissance et humilité, que Dieu ouvre son ciel et nous baptise de son Esprit, qu’il nous remplisse de son amour, de cet amour qui se donne, qui pardonne, qui s’humilie et qui déclenche sa bénédiction.

Pasteur Joël Mikaélian – 12/01/20

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