Es 55. 6 à 8 / Jean 1. 29 à 34 / Col. 3. 13 à 17

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »

Le pardon, être pardonné, pardonner… « Le pardon, une puissance qui libère » Tel est le titre d’un ouvrage du pasteur Hatzakortzian. Et si le pardon était la clé de la liberté ? Ou la clé pour résoudre les conflits ? Notre monde en aurait bien besoin aujourd’hui ! Mais peut-on pardonner sans oublier ? Pourquoi est-il si difficile de pardonner à ceux qui nous ont blessés, fait du mal ? Faut-il toujours pardonner ? Peut-on tout pardonner ? Comment s’y retrouver au milieu de toutes ces questions que l’on se pose ou qui se posent à nous face aux diverses situations que nous rencontrons ? Qui dit pardon, dit nécessairement, offense, faute, maladresse, conflit, mésentente, mauvaise relation, rivalité… Quel est le fondement du pardon ? Comment être pardonné ? Pourquoi faut-il pardonner ?

1°) « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »

Cette parole de Jean Baptiste résume à elle seule, le fondement du pardon de Dieu. Dans la Bible, Dieu se présente comme un Dieu qui pardonne, qui ne se lasse pas de pardonner. Dès l’origine de l’humanité, après la chute, la blessure de la désobéissance des premiers humains, Dieu pardonne. C’est lui qui va chercher Adam et Eve, qui va renouer le contact, la relation, alors qu’il a été offensé par leur désobéissance. Certes, il va punir, reprendre, mais pardonner aussi. Toute l’histoire du peuple de Dieu, est une succession de fautes, de sacrifice, de pardon, de restauration. Cette nature de Dieu que l’on trouve dans le Premier testament de la Bible, s’exprime de façon plus forte encore, parfaite, en Jésus Christ dans le second testament. Jean Baptiste présente Jésus, comme Celui qui enlève le péché du monde par son sacrifice à la croix, une fois pour toute et pour tous. C’est pour cela que Jésus est venu dans le monde. Le sacrifice de Jésus est le fondement du pardon de Dieu pour toutes les offenses du monde entier. Il enlève, annule toute condamnation. Il est capable de tout effacer, de tout pardonner, les pires offenses, mauvaises pensées et paroles… Rien n’est impardonnable, si ce n’est le refus d’être pardonné, le rejet de la grâce, le péché contre l’Esprit Saint.

Car le pardon de Dieu fonctionne avec la repentance. Le pardon est donné généreusement à tous, mais il prend corps, il libère, il sauve ceux qui le demande sincèrement à Dieu. Jésus a porté toutes nos fautes sur la croix, il a été ce remède au péché. Et c’est parce que Jésus a été punit à notre place, que Dieu pardonne, oublie la faute, l’offense, à la seule condition de l’aveu, la reconnaissance, l’acceptation, qui libère de toute culpabilité, la grâce ! Qui donne accès au salut à la vie éternelle.

2°) « Que le méchant abandonne sa voie… »

Le pardon de Dieu en Jésus Christ nécessite l’acceptation, la repentance. La repentance implique un mouvement, un changement. La repentance ne peut être que des mots. Les mots doivent s’accompagner de changements profonds. Changement de pensée, d’attitude, de parole. Que ce soit dans notre relation avec Dieu, que ce soit dans notre relation aux autres, à ceux que l’on a blessé, à qui nous avons fait du tort, volontairement ou involontairement. C’est là que le pardon devient libérateur, qu’il change les relations. Vis-à-vis de Dieu, c’est là que nous pouvons expérimenter la paix de Dieu, être libéré du poids de la culpabilité. C’est dans ce changement, ce mouvement d’abandon de nos mauvaises voies, que Dieu restaure notre relation avec lui et nous remplit de sa paix par l’Esprit Saint ; que s’accompli cette parole du Seigneur : « Je vous donne ma paix… ». C’est dans ce sens que Jean Baptiste disait à ceux qui venait vers lui pour être baptisé : « Produisez donc des fruits dignes de la repentance… » (Luc 3. 8).

Il en va de même aussi dans nos relations les uns avec les autres. Dans nos relations de sociales, de travail, de couple, de famille, comme dans l’église. C’est le changement d’attitude qui permet la restauration et qui libère.

3°) « Comme le Seigneur vous as pardonné, faites de même… »

C’est sur la base de son pardon, que Dieu nous demande de pardonner à tous ceux qui nous ont fait du tort. Ici, nous arrivons à ce qui peut être difficile parfois, suivant les situations. Il est en effet des situations où il est difficile pour nous soit de demander pardon à ceux que l’on a offensé, soit de pardonner à ceux qui nous ont offensé. Et pourtant, Jésus nous invite à cela sans cesse, pour que nous soyons libérés de la souffrance occasionnée par la blessure. Le refus du pardon nourrit de l’amertume, du rejet, de la victimisation, le désir de vengeance, tant de choses qui empoisonne nos vies, qui enlève tout paix, et pire encore, peut aller jusqu’à troubler notre relation avec Dieu. Nous sommes invités à être généreux en pardon comme en demande de pardon. C’est la clé de la liberté, la clé qui restaure les relations abîmées, qui redonne vie. C’est là que nous avons besoin de l’aide, du secours de l’Esprit Saint. Jésus n’est pas venu dans ce monde pour nous sauver seulement, pour expier nos fautes pour que Dieu nous pardonne. Il est venu aussi pour nous baptiser dans l’Esprit Saint. Pour nous donner la force de vivre ce qu’il attend de nous. Il est des choses qui sont humainement impossible, que Dieu rend possible par son Esprit, la force de son Esprit. « Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon Esprit, dit le Seigneur » (Zach. 4. 6). Le Saint Esprit nous est donné pour que nous puissions faire des choses humainement impossibles, ou qui nous paraissent impossible. N’hésitons pas à faire appel à lui, à entendre sa voix dans notre vie intérieure, à obéir à sa voix. « C’est Lui, Jésus, qui baptise dans l’Esprit Saint ». Demandons-le dans nos prières, ne nous privons pas de son aide de son soutien dans les situations compliqués que nous vivons.

Conclusion

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »

Jésus est l’Agneau de Dieu sacrifié pour ôter le péché du monde, annuler la condamnation qui pesait sur lui à cause du péché, de l’offense faite à Dieu par la désobéissance à sa parole. Désobéissance qui nous touche tous. Son sacrifice nous libère par le pardon que Dieu nous accorde sans cesse en vertu de ce sacrifice. Accueillons pleinement ce pardon avec reconnaissance.

Apprenons la repentance, à changer nos attitudes et nos pensées abîmées par le mal et demandons au Seigneur de nous remplir de l’Esprit Saint, de nous baptiser dans l’Esprit Saint, afin de vivre des relations empreintes d’amour et de paix, comme témoignage à ce monde marqué par le mal et les conflits de toutes sortes.

Pasteur Joël Mikaélian

18/01/2026