La vision de Jésus

Lectures : Apocalypse 1. 9 à 20

La vision de Jésus

En 1968, le navigateur Bernard Moitessier est lancé dans une course qui est la première course autour du monde en solitaire et sans escale. Au bout de 6 mois et alors qu’il n’est pas loin de gagner la course, il décide de ne pas rentrer à Plymouth en Angleterre, de ne pas couper la ligne d’arrivée et de ne pas gagner la course, mais de continuer à naviguer et de rester encore 4 mois de plus en mer !

Personnellement, jamais je n’aurais fait ça ! Parce que j’ai fait un peu de voile plus jeune et j’ai l’expérience d’une fois, où j’étais en mer, et où je m’étais bien fait secouer par les vagues… Ma seule envie à ce moment-là était de retrouver la terre ferme, le plancher des vaches.

Qu’est-ce qui fait que, dans une situation plus ou moins similaire, Moitessier décide de rester encore 4 mois en mer et que, de mon côté, je décide de vite retrouver la terre ferme ? C’est parce que notre perception n’est pas la même ! Notre façon de percevoir la mer n’est pas la même.

Moitessier disait : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer. »
🢂 Pour Moitessier, la mer c’est la liberté.
🢂 De mon point de vue, la mer consiste quelque part en une sorte de danger.

La perception qu’on a des choses, des personnes, est capitale. Parce que c’est notre façon de percevoir qui va faire que l’on va faire confiance à quelqu’un ou non, qu’on va agir de telle façon ou d’une autre. La façon dont on perçoit les choses ou les personnes dicte notre façon d’agir ! Nos actes sont le reflet de ce que l’on pense, croit…

Ayant cela à l’esprit, comment percevez-vous Jésus ? Quelle vision avez-vous de Jésus ? Quelle « image » est-ce que vous vous faites de lui ?

Dans notre pensée, on peut imaginer un Jésus barbu, avec des cheveux noirs, qui porte des vêtements un petit peu vieux et qui a environ une trentaine d’années… On peut penser spontanément à un petit bébé dans la crèche avec, autour de lui, Marie, Joseph, l’âne, le bœuf… On peut avoir en tête Jésus crucifié, Jésus en train de souffrir pour les péchés de l’humanité…

J’aimerais suggérer que toutes ces visions ne rendent pas pleinement compte de qui est Jésus aujourd’hui. En fait, on peut dire que Jésus aujourd’hui ne ressemble à aucune de ces images qu’on a déjà pu voir dans nos Bibles, dans les journaux, ou dans les films.

Alors à quoi ressemble Jésus aujourd’hui ? Lisons ensemble Apocalypse 1. 9 – 20.

Dans cette vision, Jean est en train de voir Jésus tel qu’il est présentement : glorifié, roi, dominateur et maître de tout !

L’Apocalypse nous permet de faire cette expérience de découvrir ou de redécouvrir une personne qu’on pensait connaître… Elle nous ouvre les yeux pour qu’on prenne conscience de qui on a affaire. On voit Jésus-Christ comme on ne l’avait jamais vu ou imaginé dans presque tout le reste de la Bible. Même Jean est pris au dépourvu, il est bouleversé.

  • « Il portait une longue tunique »

À l’époque, la longueur de ta robe correspond à la place dans la société. Les hommes d’état ont des longues robes. Les habits longs sont pour les aristocrates, les intellectuels. Les habits courts, c’est pour les esclaves qui doivent travailler. Jésus se présente comme un dirigeant puissant, un homme d’état puissant !

  • « Une ceinture d’or entourait sa poitrine »

J. Spencer, qui commente ce passage, dit que : « Ça fait penser aux maires d’aujourd’hui. Ils sont ceux qui représentent le pouvoir. »

La ceinture/écharpe en or pur nous renvoie aux prêtres de l’Ancien Testament (Exode 28. 4 – 5 : « Voici les vêtements qu’ils feront : un pectoral, un éphod, une robe, une tunique brodée, une tiare et une écharpe. Ils feront des vêtements sacrés destinés à ton frère Aaron et à ses fils lorsqu’ils rempliront la fonction de prêtres pour moi. Ils emploieront de l’or, des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, et du fin lin. »)

Ce qui renforce le fait que Jésus se présente à Jean comme un prêtre de l’Ancien Testament, c’est que Jésus se tient au milieu des chandeliers. Il accomplit ce qui ressemble au travail du prêtre de l’Ancien Testament qui devait s’assurer que les flammes du chandelier du Temple ne s’éteignent pas.

La mission des prêtres, et du grand-prêtre en particulier dans l’Ancien Testament, était de faire le nécessaire pour restaurer/permettre la communion de l’homme avec Dieu. Ils le faisaient en offrant des sacrifices. Ils étaient les intermédiaires entre Dieu et le peuple.

Ce Jésus se présente comme le grand-prêtre de l’Ancien Testament : Il est l’intermédiaire parfait, le représentant de son peuple auprès de Dieu. Sa grandeur est infinie, sa puissance est infinie, et pourtant il est là au milieu de son peuple, de ces chandeliers : Entre son peuple et Dieu.

  • « Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche. »

En Daniel 7, celui qui a des cheveux blancs comme de la laine blanche est l’Ancien des jours qui est Dieu lui-même ! Or, ici, c’est Jésus qui a les cheveux blancs. Dans la vision de l’Apocalypse, le Fils de l’homme est fusionné avec l’Ancien des jours. Dans Daniel, on a 2 personnes ; dans l’Apocalypse, on a 1 personne : C’est-à-dire que le Fils de l’homme, Jésus, prend les traits et l’apparence même de Dieu, l’Ancien des jours. Jésus est Dieu !

  • « Des yeux comme une flamme ardente. »

Regard pénétrant. Jésus voit tout : Tout de l’histoire du monde, tout de nos vies.

Rien n’est caché devant lui ! En un instant, on se retrouve comme mis à nu devant Jésus. Jésus nous voit tel que nous sommes réellement, pas tel que nous aimons à nous montrer aux hommes. On peut cacher beaucoup de choses aux hommes. Mais on ne peut rien cacher à Jésus.

Exemple de l’IRM : À l’œil nu, on ne peut pas toujours distinguer le malade du patient en bonne santé. Mais, à l’examen IRM, on voit tout sur l’écran : Le cerveau, la moelle épinière, les tissus mous, et aussi les maladies, les œdèmes, les zones anatomiquement déformées…

  • « Ses pieds étincelaient comme du bronze incandescent. »

Plusieurs commentateurs sont d’accord pour dire que ce passage renvoie à Daniel 2. 31 – 35 : « Roi, tu regardais et tu as vu une grande statue […] La tête de cette statue était en or pur, sa poitrine et ses bras en argent, son ventre et ses cuisses en bronze, ses jambes en fer, ses pieds en partie en fer et en partie en
argile. Pendant que tu regardais, une pierre s’est détachée sans aucune intervention extérieure. Elle a frappé les pieds en fer et en argile de la statue et les a pulvérisés ensemble […] La pierre est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre. »

La statue de la vision de Daniel représentait certes les rois du monde, mais elle était très fragile à cause de ses pieds en partie en fer et en partie en argile. Or, ici, le personnage a des pieds puissants, solides, en bronze. Il ne vacille pas, tout en lui est solide, à la différence des royaumes terrestres de la statue de Daniel.

Il est parlé de bronze pur qui a été raffiné dans la fournaise : Il n’y a pas une seule impureté. Image que le règne de Jésus est un règne indestructible !

  • « Dans sa main droite, il tenait 7 étoiles »

Ce que nous tenons dans nos mains reflète nos priorités. Si je dois vite rentrer chez moi, je vais tenir mes clés de voiture. Et là où nous sommes reflète aussi nos priorités : Ce dimanche matin, vous êtes venus à l’Église, personne ne vous y a obligé. C’est un choix de votre part qui reflète vos priorités.

Et Jésus tient dans sa main les 7 étoiles qui sont les 7 anges des 7 églises, et il se tient au milieu des 7 chandeliers qui représentent les 7 églises. On voit ici les priorités de Jésus. Une de ses priorités est son Église, il est celui qui bâtit son Église, qui la dirige, qui la conduit.

La priorité de Jésus, c’est l’Église. Est-ce la nôtre aussi ? Aime-t-on les pierres vivantes qui sont à côté de nous ? Est-ce qu’on est acteur pour la construction et l’édification des frères et sœurs ou est-ce qu’on sème la destruction ? Est-ce que je me comporte comme un petit chef dans l’Église, dans le « secteur
d’activités » qu’est le mien et que j’ai oublié que j’ai des comptes à rendre à celui qui est le vrai chef de l’Église, c’est-à-dire Jésus ?!

C’est Jésus qui est le Chef de l’Église ! Quel que soit ce qui s’est passé, ce qui se passe ou ce qui se passera dans une communauté, Jésus ne perd jamais le contrôle de son Église.

  • « De sa bouche sortait une épée aiguisée à double tranchant. »

Jésus dit et les choses sont. Sa parole peut aller et transpercer même les cœurs les plus durs.

  • « Son visage était éblouissant comme le soleil qui brille de toute sa force. »

J. Spencer, dit en commentant ce passage : « Souhaitez-vous savoir qui est Jésus-Christ ? Alors essayez de regarder le soleil un jour de cagnard. » Impossible ! Ça nous brûle, ça nous rend aveugle. Tellement la puissance est éblouissante. Nul ne peut voir Dieu et vivre.

Alors que conclure ?

1°) v. 17 🢂 Observons la réaction de l’apôtre Jean…

Sa réaction est la suivante : « Je tombais à terre, à ses pieds, comme mort. »

Nous devons arrêter de voir Jésus comme le petit Jésus qu’on essaie de domestiquer, de réduire à notre taille, de banaliser. Voyons-le tel qu’il est vraiment.

2°) v. 17 🢂 Une main se pose sur Jean

Cette main, c’est celle qui dirige l’Histoire, qui tient le Monde et l’Univers, qui conduit l’Église. Mais avec cette même main, Jésus va venir toucher son serviteur !

Le miracle, c’est que cette main qui domine, touche Jean, non pas pour le détruire, mais pour le relever. Pour lui dire : « N’aie pas peur ! » La parole de Jésus est une parole de réconfort. Il relève son serviteur. Ce roi se sert de sa puissance, non pas pour détruire, mais pour relever, pour prendre soin.

Jésus est tout-puissant mais cette toute-puissance n’est pas écrasante pour ceux qui ont mis leur confiance en lui. Il se présente (on l’a vu) comme le grand-prêtre, qui nous aime, qui est mort pour nous, qui a porté la punition de nos péchés à notre place.

3°) v. 18 🢂 Jésus règne sur la mort et le séjour des morts

Dans la pensée populaire, il y a parfois l’idée que c’est Dieu qui règne sur le paradis et le diable qui règne sur l’enfer. Mais ce serait octroyer au diable beaucoup plus de pouvoir que ce que la Bible lui en donne ! Les paroles que Jésus donne font voler en éclat cette opinion : « Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. »

1 Samuel 2. 6 « L’Eternel fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter »

Jésus est le maître absolu de la mort et de tous ceux qu’elle détient en son pouvoir. La mort ne peut lui opposer aucun obstacle.

« Le sépulcre insatiable est rangé sous le sceptre du Christ. Vassale du Seigneur, la mort a beau nous cerner de ses épouvantes, nous regardons la main du Seigneur qui détient la clé libératrice. Combien ce seul verset d’Ap 1.18 est plus réconfortant que 1000 oraisons funèbres ! » C. Brütsch, Clarté de l’Apocalypse, p. 37.

Ce Jésus détient les clés de la mort et du séjour des morts. Il a autorité sur tout l’univers et sur notre vie à tous. Personne d’autre que Jésus ne tient dans sa main les clés de l’existence et de l’univers. Si des choses dans nos vies sont pour nous source d’inquiétude en ce moment, n’oublions pas que ce n’est pas nous qui tenons les clés, c’est lui !

Alors, est-ce que, quand nous prions Jésus, que nous nous adressons à lui, c’est comme ça que nous le voyons ? « Tout pouvoir lui a été donné dans le ciel et sur la terre ». Tous les rois, tous les empires sont assujettis à Jésus.

Ma suggestion de ce matin, c’est que si nous demandons à Dieu de venir graver cette vision de Jésus dans nos cœurs, alors notre façon de vivre risque de changer. Et nous pourrions devenir une sorte de B. Moitessier, capable de choses qui vont peut-être sembler folles aux yeux de certaines personnes, mais pas pour nous car notre perception des choses aura évolué.

Ce qui fait que nous allons être OK pour aller en eau profonde ou que nous allons décider de rester dans une petite mare, c’est simplement la perception que nous avons de la mer…

Donc ayons une perception de Jésus qui soit telle que celle que l’apôtre Jean nous la décrit dans ce chapitre !

David Gay, Pasteur invité – 23/02/20

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