Lectures : Jean 10. 1 à 10 / Es 53. 1 à 6 /

« Je suis venu pour que les hommes aient  la vie et qu’ils l’aient en abondance ».

Bible Esaïe 53 - Eglise d'Issy-les-Moulineaux

Alors que nous vivons au rythme des mauvaises nouvelles, des messages alarmistes, plus anxiogène les uns que les autres, cette parole vient nous sortir de cette torpeur dans laquelle la crise sanitaire nous enferme depuis plusieurs mois maintenant. Alors que l’on nous parle sur la vie d’avant, ou la vie d’après, sans trop savoir de quoi on parle, le Christ nous parle de vie en abondance. Alors que l’on ne cesse d’alimenter nos craintes afin de justifier des lois, des dispositions de plus en plus liberticides, au risque de semer des suspicions dangereuses pour la cohésion sociale, le Christ nous parle de paix et de liberté. C’est comme une bouffée d’oxygène que Jésus propose, une vie en abondance. Une vie en abondance, c’est quoi ? A quoi cela pourrait-il ressembler ? Etre en bonne santé, riche, avoir une bonne situation, une belle famille, de beaux enfants, être apprécié… C’est ça ? Et après ? Quand bien même nous aurions tout ça, et après ? D’autant plus que les temps que nous traversons nous montrent à quel point tout ceci est bien éphémère…  Et si c’était ça que nous devrions retenir de cette crise ? Et réfléchir à cette vie abondante que Jésus est venu nous donner ? C’est quoi ?

1°) « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé »

Le texte de l’évangile peut nous paraître un peu confus. Jésus semble se présenter tour à tour comme le berger des brebis, la porte des brebis, et un peu plus loin encore dans le texte comme le bon berger. Mais ce qui ressort du texte, c’est que le Christ est venu nous sauver. Sauver de quoi ? Sauver de la mort, de la condamnation que nous méritons tous à cause de nos fautes. « Il n’y a pas de juste, pas même un seul, … tous sont privés de la gloire de Dieu… » (Rom. 3. 10 et 23). Ce que Dieu ne souhaite pas, tant il nous aime. Pour qu’il reste juste tout en pardonnant nos fautes, il fallait que quelqu’un de parfait soit puni à notre place. C’est ce que Jésus a accepté. Il a pris notre place sur la croix. Comme le dit Esaïe : « Ce sont nos souffrances qu’il a portées… nos douleurs qu’il a supportées… le Seigneur a fait retomber sur lui la perversité de nous tous… il a porté, lui, les fautes des foules… » (Es 53. 4, 6 et 12). La vie en abondance que Jésus est venu nous donner est d’abord le pardon de nos fautes. La joie du pardon. « Heureux ceux dont les offenses ont été pardonnées et les péchés remis. Heureux l’homme au compte de qui le Seigneur ne porte pas de péché » (Rom. 4. 7 et 8)

C’est ce qu’il nous offre. A nous d’entrer par la porte de la bergerie, devenir enfant de Dieu, recevoir et le pardon, et la joie, et l’assurance de la vie éternelle. Une vie en abondance c’est ça. Tu peux entrer par la porte et devenir brebis du bon berger qui prendra toujours soin de toi, te conduira te protègera… En confessant tes fautes et en recevant par la foi le pardon chaque fois. C’est vivre libre de toute condamnation, de toute fausse culpabilité.

2°) « Il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir »

La vie en abondance que le Christ est venu nous donner, est aussi une vie dans sa présence. Jean 14. 23 « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui ». Quelle grâce de recevoir l’Esprit Saint, de ne plus jamais être seul quoi qu’il arrive. Quelle grâce d’être habité de la présence bienfaisante de l’Esprit Saint ! D’être rempli, débordant d’amour, de paix, de joie, de force, de sagesse… Que donne l’Esprit Saint. La vie en abondance ne concerne pas seulement l’éternité, la vie d’après, la vraie vie d’après. Mais elle concerne aussi la vie de maintenant. L’aujourd’hui, quelles que soient les circonstances. Celui qui croit, qui a reçu par la foi le pardon de ses fautes qu’il a confessées et qu’il confesse, reçoit l’Esprit. L’Esprit Saint est tout à la fois une personne, une présence de Dieu, qui donne force, courage, sagesse, intelligence spirituelle, amour, paix, joie, patience, bonté, bienveillance… en abondance

3°) Les brebis qui lui appartiennent… il les emmène dehors… »

La vie en abondance que le Christ est venu nous donner, n’est pas une vie égocentrique, pas seulement communautaire non plus, limité à « l’entre-soi » de la bergerie, de l’église. Le Christ nous appelle chacun par notre nom, il nous appelle à sortir avec lui, à aller avec lui dans le monde porter cette bonne nouvelle. Dire que tout homme peut recevoir cette vie en abondance. Cette joie du salut, cette espérance de la vie éternelle, cette grâce de sa présence, c’est pour tous. C’est pour cela qu’il nous donne des capacités, des dons, des moyens. C’est pour cela qu’il nous a donné l’église, les frères et les sœurs, pour porter ce beau témoignage, cette belle espérance, cette bouffée d’oxygène dont le monde a tant besoin aujourd’hui ! N’ayons pas peur d’aller dehors avec lui, de nous laisser conduire par lui, à être témoin, lumière, parole de paix, de confiance, d’espérance… Il marche devant nous ! Il nous précède et prévoit tout.

« Car c’est lui qui nous a fait ; nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes que Dieu a préparé d’avance afin que nous nous y engagions » (Eph. 2. 10). La vie en abondance, est aussi une vie de service, d’amour du prochain, de témoin, de tout faire pour que d’autres encore connaissent cette vie. Il ne s’agit pas de garder cela pour soi, mais de partager cette découverte avec le plus grand nombre. C’est être ouvrier avec Dieu. C’est s’engager dans une vie qui a du sens au-delà de soi-même. Au-delà du consumérisme matériel et spirituel. C’est une vie tournée vers Dieu, et tournée vers nos semblables.

« Je suis venu pour que les hommes aient  la vie et qu’ils l’aient en abondance ».

Alors que la crise sanitaire nous questionne sur la vie, sur la mort, sur nos fragilités, sur la fragilité de tous nos systèmes, de toutes nos assurances, au point de nous enfermer dans des angoisses sans fin ; alors que nul ne sait ce qu’il adviendra demain, faisons le choix de la foi en Jésus. Réjouissons-nous de la grâce de son pardon, vivons en chaque jour. Faisons le choix de la confiance, d’être au bénéfice des soins du bon berger. Celui qui a promis de prendre soin de nous quoi qu’il arrive. Réjouissons-nous de l’espérance de la vie éternelle, du don et de la présence de l’Esprit saint. Et mettons-nous à son service, au service de son église, par nos prières, nos relations fraternelles, notre engagement.

3/05/2020 Pasteur Joël Mikaélian

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