Lectures : Es. 60. 1 à 6 / Matth. 2. 1 à 12

« A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé… »

« Et tout Jérusalem avec lui… » ! Quelle est cette nouvelle et pourquoi, à l’époque, a-t-elle provoqué tant de trouble chez le roi Hérode et les habitants de Jérusalem ? En ce jour de la fête de l’Épiphanie, qui nous rappelle le jour de la visite des mages à l’enfant Jésus, je vous invite à méditer sur le message que Dieu nous adresse à travers cet événement. Comment cet événement peut-il venir nous rejoindre en ce début d’année 2021 ? Jeudi dernier, l’intervention du Président de la République Française a battu tous les records d’audience. C’est dire toute l’inquiétude, le trouble, la crainte de la population, face à un avenir incertain. Troubles, craintes, certes légitime face aux crises que notre monde traverse et se prépare probablement à traverser encore. Troubles que le Président a eu du mal à dissiper vraiment. Difficile, en effet, de dessiner avec certitude un avenir, tant celui-ci s’annonce imprévisible. Où trouver réponse à nos craintes de l’avenir ? Comment trouver un chemin de paix dans ces temps troublés de notre monde comme de nos vies ?

1°) « Le roi… assembla tous les grands prêtres… »

Face à une situation qui le questionne profondément, qui menace sa propre existence (la naissance d’un nouveau roi des juifs sans qu’il en soit informé), Hérode à tout de même une bonne réaction. Il est impressionné par la délégation royale qu’il reçoit, et comprend assez vite que la question des mages n’est pas une blague. Si des gens instruits, éminents, ont fait un tel déplacement, ce ne doit pas être pour rien. Il prend la chose au sérieux et s’adresse aux bonnes personnes, les prêtres, les scribes, ceux qui connaissent les Écritures, la révélation de Dieu. Et ceux-ci donnent la bonne réponse à ses questionnements, au trouble qui le perturbe. La réponse nous dit toute la pertinence de la parole de Dieu. Elle nous renvoie à la grandeur de Dieu, à la cohérence de ses plans, à sa fidélité comme à son humilité. Jésus naîtra à Bethlehem et non à Jérusalem. Dieu est fidèle à sa Parole, fidèle à ses promesses. C’est dans cette Parole que l’on trouve aujourd’hui encore réponse à tout ce qui nous trouble face à un avenir incertain. C’est dans la foi en sa bonté et en sa fidélité, dans la prière, que nous trouvons le chemin de la paix.

2°) « Sur ces paroles du roi, ils se mirent en route… »

Il n’en a pas fallu plus pour que les mages se mettent en route vers une destination imprévue. Le texte précise que l’astre qui les avait conduits jusqu’à Jérusalem, ne se manifeste à nouveau qu’après leur départ de cette ville, pas avant. Belle image de la foi, de la confiance en la Parole de Dieu, de l’obéissance à cette Parole. Les mages se mettent en route sans avoir d’adresse, sans avoir toutes les données en main. C’est le chemin de la foi sur lequel Dieu nous invite à marcher chaque jour. Un chemin qui commence par la foi en Jésus Christ, mort pour nos péchés et ressuscité pour nous sauver de la mort éternelle. De notre vie, nous connaissons le départ, et l’arrivée aussi, dans son royaume. En revanche, nous ne connaissons pas tout le parcours. C’est pourquoi il nous dit : « Je t’instruirai et je te montrerai la voie que tu dois suivre ; je te conseillerai, j’aurai le regard sur toi ». Dieu ne donne pas tout, ne révèle pas tout avant le départ comme pendant. C’est seulement dans une relation avec lui, une communion constante, une proximité quotidienne, qu’il nous révèle les directions à prendre et nous accompagne. À nous d’emprunter ce chemin par un acte de foi et à vivre dans cette proximité de sa Parole, proximité de son Église, des frères et des sœurs qui sont autant de signes, de jalons à prendre en compte dans nos choix de vies, nos orientations de vie. C’est ce qu’il nous faudra faire tout au long de cette nouvelle année. Discerner l’astre, les signaux de Dieu qui indiquent la route. À chacun d’être vigilant, de tenir compte des panneaux indicateurs, direction du royaume, virages dangereux, limitations de certains excès, voies sans issues…

3°) « Ils virent l’enfant… et… lui rendirent hommage… »

Arrivés à destination, les mages offrent leurs cadeaux et adorent l’enfant Jésus. Une façon pour eux de reconnaître qu’il est l’envoyé de Dieu, qu’il est Dieu. Mais cette destination n’est pas une fin en soi, elle ne marque pas la fin. Elle ne sera qu’une étape marquante de leur vie. Conformément à la prophétie d’Esaïe, ils reprendront leur route avec joie et seront des témoins de l’Évangile parmi les enfants de leur peuple. La visite des mages, l’Épiphanie, cette révélation de Dieu à des païens, témoigne de sa volonté de sauver tous les peuples de la terre. En Jésus, le salut n’est plus limité au peuple juif, mais à toutes les nations. « Ce mystère, Dieu ne l’a pas fait connaître aux hommes des générations passées comme il vient de le révéler maintenant par l’Esprit à ses saints apôtres et prophètes : les païens sont admis au même héritage, membres du même corps, associés à la même promesse, en Jésus Christ, par le moyen de l’Évangile » (Eph. 3. 5 et 6). Que notre adoration, nos cultes ne soient pas des fins en soi, mais qu’ils soient des étapes de nos vies, des jalons bienfaisants sur notre chemin pour faire de nous des témoins de l’évangile autour de nous, à notre peuple et au-delà, à tous les peuples.

Conclusion

« A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé… »

En ce début d’année particulière, pleine d’incertitudes, laissons-nous rejoindre par l’expérience des mages et le message que le Seigneur nous adresse à travers elle. Méditons chaque jour sa Parole. Appuyons-nous sur la fidélité de Dieu à toutes ses promesses. Trouvons notre paix dans sa Parole, même lorsqu’elle nous surprend. Soyons vigilants, proches de Dieu, proche les uns des autres, avançons avec foi. Et soyons des adorateurs actifs.

Pasteur Joël Mikaélian – 03/01/2021

 

A cette nouvelle, le roi Hérode fut troublé

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