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Culte du dimanche 25 octobre 2009 - "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte
Samedi, 28 Novembre 2009 19:27

 

Jer. 31. 7 à 9 / Heb. 5. 1 à 6 / Marc 10. 46 à 52

 

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

 

E t si le Seigneur nous posait cette question ce matin ? Serions-nous surpris, pris de court, ne sachant que lui dire ? Ou bien peut-être aurions-nous tant de choses à lui dire qu’il nous serait difficile de les expliciter, encore moins de les classer par ordre d’importance ! Mais aussi, aurions-nous le courage de le prendre au mot ? Prendrions-nous le risque d’y croire ? Le risque peut-être d’une déception si au final Dieu ne voudrait pas ce que nous voudrions ! Les textes que nous avons lus nous montrent avec force que Dieu a cette capacité, cette attention particulière de s’arrêter, d’arrêter en quelque sorte le temps, son temps, pour s’enquérir de ce qui nous touche, de nos besoins et de nos vœux les plus chers ! Dieu a cette capacité de nous demander ce que nous voulons, comme Il le demande ici à cet homme aveugle même s’il se doute bien de ce qu’il veut ! Quelle grâce ! Quel amour ! Quelle attention ! Arrêtons-nous nous quelques instants pour méditer sur ce que le Seigneur voudrait nous dire ce matin. En prenant comme référence, cette rencontre particulière entre le Christ et cet homme aveugle. En tenant compte des préalables à l’action de Dieu et du cadre à l’intérieur duquel il agit.


1°) « Aie pitié de moi ! »

C’est un cri qui jaillit du plus profond du cœur de cet homme. Un cri fort, tant par son intensité sonore et audible que par toute une souffrance intérieure, silencieuse, profonde qui va droit au cœur du Seigneur. On le voit bien, rien ne peut arrêter ce cri. Bartimée, c’est son nom, ne veut pas être de reste. Il est prêt à tout, il est loin d’être un pessimiste, un résigné, quelqu’un qui se complait dans sa souffrance et son infirmité, même si elle est pour lui une source de gain. Il est tellement convaincu que Jésus de Nazareth va faire quelque chose pour lui, qu’il n’hésite pas à jeter son manteau, peut être son seul bien, pour aller au devant du Seigneur. Il se présente alors au Seigneur tel qu’il est. Il n’a plus rien que lui-même avec un besoin intense et profond : Il ne veut plus de sa vie de mendiant aveugle, il veut une autre vie, une nouvelle vie. Une vie où il pourra voir, s’émerveiller, découvrir ce qui l’entoure. Une vie où il pourra voir autrement. Une vie avec une dimension nouvelle. Il a soif de changement.

Bartimée est là devant Jésus, il attend. Il a persévéré dans son appel. Jésus l’a entendu et il s’est arrêté, et, chose incroyable, il l’appelle. Déjà l’attitude de l’entourage n’est plus le même. Déjà, Bartimée n’est plus l’homme à faire taire, à mettre de côté. Il devient tout à coup important même si rien n’a encore changé pour lui sur le plan physique. L’attention que Jésus lui porte, lui donne déjà une valeur nouvelle. « Courage, lève-toi, il t’appelle ». Il t’appelle toi, c’est impensable ! Un autre peut être mais toi ! En Jésus, Dieu est venu vers nous, il nous appelle et nous rappelle à quel point il nous aime. C’est son Amour qui donne de la valeur à nos vies, à ta vie !

Je ne sais pas comment vous êtes venus devant le Seigneur ce matin. Quels sont vos sentiments profonds, secrets, vos attentes. Peut-être êtes vous venus là par habitude, parce que c’est dimanche, pour faire plaisir. Peut être vous êtes venus avec de grandes attentes ou bien pas du tout. Peut être avec de l’amertume, ou une certaine lassitude. Mais quoi qu’il en soit, il me semble que nous sommes tous venu ici, je l’espère, pour une rencontre. Rencontre avec Dieu, qui peut se faire directement par l’Esprit, ou par la Parole ou bien par les frères et sœurs qui partagent cette même foi.

Pour que cette rencontre ait réellement lieu, pour qu’elle ait du sens, pour qu’elle soit édifiante, l’exemple de Bartimée nous montre qu’elle a un préalable. Elle doit répondre à certains critères comme, l’humilité, le dépouillement, un élan de foi profond vers ce Dieu qui nous aime et qui est là prêt à s’enquérir de ce qui nous touche. L’expérience de Bartimée est là pour nous rappeler ces éléments important de notre relation avec Dieu. Elle nous pose les questions suivantes : « Comment allons nous à la rencontre de Dieu ? Sommes nous prêt à nous présenter tels que nous sommes ? A crier « Aie pitié » pour exprimer combien nous sommes peu de choses ? A reconnaître nos manquements, notre état réel ? Certes, nous ne sommes pas tous des aveugles et des mendiants. Mais ne sommes-nous pas parfois au bord du chemin, fatigué, lassé, peut être mis de côté par la société, méprisé par les autres, rejeté de façon réelle ou pas. Avec notre manteau, qui peut représenter nos biens, nos sécurités, une carapace qui nous rend imperméable aux autres mais à Dieu aussi. Comment nous approchons-nous de Dieu ? N’oublions pas que l’histoire de Bartimée commence par ce préalable : un cri « Aie pitié ». Un cri qui se poursuit par une conviction, une certitude : la foi. Un cri qui se poursuit également par le dépouillement, l’abandon de toutes sécurités, ambitions, prétentions, apparences, hypocrisies ; de tout ce que nous cachons pour nous présenter devant Dieu.

2°) « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Quelle question ! Cette question nous dévoile tout le cœur de Dieu, le cœur de son désir pour tous de ceux qui s’approchent de lui avec humilité, sincérité, détermination, dépouillement, foi, comme Bartimée. Dieu prend le temps de penser à toi, de se pencher sur toi, de se soucier de toi. Il n’est pas ce Dieu lointain, insensible à tout ce que nous pouvons vivre. En Jésus il comprend très bien toutes ces choses. Déjà, le prophète Jérémie annonçait ce caractère de Dieu. De ce Dieu qui aime, qui pardonne, qui ramène, qui rassemble. Ce Dieu qui mène vers des torrents d’eau et qui se définit comme un Père. Un Père qui nous accueille sans cesse.

L’épître aux Hébreux nous rappelle que Dieu nous comprend parce que Jésus a lui-même connu de grandes situations de besoin. Il a intercédé avec de grands cris, il a prié avec des larmes à celui qui pouvait le sauver de la mort : « Mon Père, s’il est possible que cette coupe s’éloigne de moi. Toutefois non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». La prière de Jésus nous renvoie à cette vérité importante et fondamentale de notre relation avec Dieu. Vérité que nous devons obligatoirement intégrer dans notre relation avec Dieu, dans nos prières, dans nos attentes, nos besoins profonds. A savoir : Sa volonté. Ce que Dieu veut et qui est de loin, le meilleurs pour tous ceux qui s‘approchent de lui comme Bartimée. Dieu en effet n’a pas éloigné la coupe amère de Jésus. Il n’a pas réalisé ce qui paraissait humainement le mieux, le plus cohérent avec son amour, c'est-à-dire, éviter la croix. Il a fait mieux encore. Tout d’abord, il a répondu à la demande de son Fils : « Que ta volonté soit faite ». Il a fait ce qu’il voulait. Ensuite, il a fait mieux que d’éloigner simplement la coupe. Il a ressuscité Jésus d’entres les morts. Il lui a accordé de vaincre la mort. Il a fait mieux !

Nous de même, ayons confiance, face à tous nos besoins et à nos attentes les plus profondes. Dieu fera toujours le meilleur pour ceux qui s’approchent de lui, pour ceux qui l’invoquent, pour ceux qui vivent en communion avec lui par le Saint Esprit, sa Parole, son Eglise. Il fait et il fera toujours mieux que ce que nous pensons ou voulons. Tout est affaire de contact avec lui, de foi et de confiance. C’est dans cette relation que ma volonté finit par s’accorder avec la sienne. Tout est affaire de temps, de persévérance, d’obéissance à sa Parole. C’est pourquoi Dieu n’hésite pas à te poser de telles questions « Que veux-tu que je fasse pour toi ! »

A toi de lui parler, de lui répondre simplement et avec foi comme Bartimée : « Maître, que je recouvre la vue ». Que je sois sauvé, délivré de la mort. Que je découvre une nouvelle vie avec toi, une nouvelle dimension. Que je sois délivré de tous mes aveuglements spirituels. Que je vois les choses et la vie comme tu les vois dans la perspective de l’éternité. Que je sache discerner tes voies. Que je vois les autres comme tu les vois. Que je me vois comme tu me vois… Combien avons-nous besoin de voir comme Dieu voit !

 3°) « Va, lui dit Jésus, parce que tu as cru en moi, tu es sauvé ».

 Bartimée recouvre la vue, sa vie a changé. Il a obtenu ce qu’il demandait. Même plus encore puisque le Seigneur déclare qu’il est sauvé aussi pour l’éternité, ce qui est bien plus qu’une simple guérison. Le Seigneur a répondu à son attente, son besoin profond. Le miracle est toujours en soi extraordinaire. Il suscite en nous de l’émerveillement, ou une certaine frustration lorsque Dieu ne le réalise pas pour nous, malgré notre foi.

Il y a bien le miracle ici et puis, … ? Que se passe-t-il après ? Que faisons-nous lorsque dans notre quotidien, Dieu répond à nos attentes les plus profondes ? Que se passe-t-il lorsque nous avons expérimenté le salut en Christ ? Lorsque nous avons été guéri de la pire des infirmités qu’est le péché qui mène à la mort éternelle ? Que se passe-t-il, que s’est-il passé à tel moment de nos vies où nous avons expérimentés de grandes bénédictions, de grandes libérations ?

Bartimée avec sa nouvelle vue, sa nouvelle vie, suivit Jésus sur le chemin. Il suivait Jésus en louant Dieu dit le texte dans l’Evangile de Mathieu. Tout œuvre profonde et authentique de l’Esprit Saint, toute action réelle et profonde de Dieu dans la vie de ceux qui croient en lui suscite deux désirs que nous voyons ici : Suivre le Christ, c'est-à-dire lui obéir, et le louer, l’adorer. C’est tout un engagement pour Bartimé. Sa réaction est publique, elle est un témoignage pour son entourage et au-delà. C’est un engagement qui nous interpelle quant au nôtre. A cette joie à partager, à communiquer aux autres, à ce témoignage de dire à tous ceux qui souffrent et sont éprouvés combien Dieu les aime ! Comme si le Seigneur nous disait : « Va dire aux autres ce que je peux faire pour eux, ce que j’ai fait pour les sauver ».

 « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

Et si le Seigneur nous posait cette question ce matin ? Prenons le temps de lui répondre, sans oublier les préalables en terme d’humilité et de dépouillement, de désir profond et de foi, en nous inscrivant toujours dans le cadre de sa volonté, confiant en son amour qui donne plus et mieux que ce que nous demandons. Que nous soyons des témoins de ce que Dieu a fait pour nous en Jésus, et de ce qu’il fait encore chaque jour pour nous que ce soit dans les grandes choses comme dans les petites de notre quotidien.

Pasteur Joël Mikaélian – 25/10/09

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux