Lectures : Es 5. 1 à 7 / Matth 21. 33 à 42 / 1 Jean 1. 14 à 17

« Mon bien-aimé avait une vigne… »

« La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël… ». Il serait facile pour nous, à la lecture du texte d’Esaïe, de tourner la page et de conclure que tout ceci ne nous concerne pas. Cela concerne Israël. Sauf que, la parabole des vignerons en Matthieu, nous rappelle qu’en Jésus, nous sommes devenus ces « autres » à qui la vigne a été confiée. Les épîtres du NT, nous disent avec force que l’Église est devenue, en Jésus « peuple de Dieu ». 1 Pier. 2. 9 et 10 « Mais vous, vous êtes… le peuple que Dieu s’est acquis… le peuple de Dieu ». Nous sommes donc à la fois « vigne » du Seigneur et « vignerons », car tous témoins, tous serviteurs. Ce qui nous invite à ouvrir nos oreilles et à faire une autre lecture de ces textes. Sans oublier les situations dramatiques que notre monde connaît aujourd’hui, auprès comme au loin ; et particulièrement en Arménie et en Artsakh. C’est cette autre lecture que je vous invite à faire ce matin.

1°) « Mon bien-aimé avait une vigne… »

Esaïe chante pour Dieu, son bien-aimé. Le prophète aime son Dieu, malgré les situations dramatiques qu’il vit et que son peuple vit. Il chante pour son bien-aimé, malgré les dures paroles qu’il va dire au nom de son bien-aimé. Cette parole questionne tout d’abord notre relation à Dieu. Est-il réellement notre bien-aimé ? Reste-t-il notre bien-aimé, lorsque tout va mal ? Aimons-nous Dieu, vraiment ? Surtout en ces temps troublés dans le monde, en Arménie, en Artsakh, en France ! Avons-nous ce désir profond de lui plaire, en obéissant à sa Parole, à ses commandements, malgré tout ? À la suite du prophète, aimons Dieu, exprimons-lui notre amour ce matin à travers la Cène que nous allons partager.

Ensuite, Esaïe nous présente ce bien-aimé, comme son ami. Un ami qui a une vigne qu’il aime. Un ami qui va tout faire pour sa vigne, pour qu’elle porte de bons fruits. Il va en prendre soin, il va se donner de la peine, il va l’entourer d’attention. Il va enlever les pierres, arroser, anticiper un pressoir… Il est plein d’espérance pour sa vigne, il est persuadé qu’avec tout ce qu’il a fait, elle va donner de beaux raisins… Dieu aime le monde, il aime sa vigne, il aime son Église.

Jésus est notre Sauveur, notre Seigneur, notre ami. Il a donné sa vie pour nous. Il a même donné son Esprit à tous ceux qui croient. Il prend soin de nous, il nous entoure de son amour, de son affection. Il nous soutien dans les temps difficiles. Il est à l’écoute de nos prières. Il nous console, nous relève quand on tombe. Il éclaire notre route. Il est là à nos côtés comme cet ami qui aime en tout temps. Il nous protège, nous donne la force de vaincre, de traverser les épreuves de cette vie. En lui nous avons le pardon de nos fautes. Quelle grâce ! Mais… Quel retour sur investissement ?

2°) « Venez, tuons-le… »

Telle a été la réponse d’Israël tout au long de l’histoire et du temps de Jésus aussi. C’est le « retour sur investissement » que le Seigneur a reçu. Il est fort probable qu’en racontant la parabole des vignerons qui se révoltent contre leur maître, Jésus avait à l’esprit le texte d’Esaïe. D’ailleurs, c’est par la citation d’Es.5. 2, qu’il introduit cette parabole. Mais là, il va quelque peu changer la suite de l’histoire. Il va d’abord l’actualiser pour l’adresser directement à ses détracteurs. Et en quelques mots, il va dérouler toute l’histoire du salut et rappeler la méchanceté du peuple au cours de l’histoire ; ce qu’ils ont fait aux prophètes, aux envoyés de Dieu. Alors que Dieu ira sans cesse vers eux. Jusqu’à l’ultime tentative qui signera la mort de son Fils. Puis Jésus questionne ses auditeurs afin qu’ils réalisent par eux-mêmes leur erreur. Mais en vain ! Ils condamnent le comportement des premiers vignerons, sans réaliser qu’il s’agissait d’eux ! C’est alors, que la parabole prolonge la prophétie. La vigne du Seigneur, son œuvre, ce monde qu’il aime et qu’il veut sauver, est confiée à d’autres. Ce sera alors, le temps de l’Église. C’est aujourd’hui le temps de l’Église.

Posons-nous la question : Avons-nous accepté la grâce du salut en Jésus ? Son amour ? Sa Parole ? Ou sommes-nous en train de le rejeter, comme les vignerons de la parabole, sans nous rendre compte que nous nous condamnons nous-mêmes et que c’est notre éternité qui est en jeu !

Autre question : « Il donnera la vigne en fermage à d’autres vignerons qui lui remettront les fruits en temps voulu ». Quels sont les fruits que nous portons ? En termes d’obéissance à sa parole ? En termes d’intégrité dans un monde corrompu ? En termes d’amour, de soucis porté aux autres, aux plus faibles, aux malheureux ? Quel fruits en termes de prières pour ceux qui nous entourent, pour l’Église, pour les malades, les familles éprouvées, les chrétiens persécutés, le monde, l’Arménie, l’Artsakh… ? Quels sont les fruits de ma vie ? En termes de sainteté, de compassion, de pardon, de réconciliation, d’ouverture aux autres ? En termes d’engagement au sein de l’église ?

En Jésus, nous sommes devenus « peuple de Dieu », objet de son amour, de ses soins, de sa fidélité…

Mais nous sommes devenus aussi ces « autres » vignerons auxquels Dieu a confié sa vigne, son peuple, mais aussi le monde ! « Vous êtes la lumière du monde… le sel de la terre… ! ». Nous sommes devenus ces « autres », qui sont sensés lui « remettre les fruits en temps voulu ! » Sommes-nous à la hauteur de ses attentes ? Les drames de ce monde auront-ils raison de l’Église ? À entendre Jésus, non ! Car ailleurs il a promis que rien ne pourra jamais avoir raison de l’Église. Mais ferons-nous partie de cette Église triomphante ? Cela ne tient qu’à nous !

3°) « N’aimez pas le monde… »  

L’exhortation de l’épître de Jean est si claire qu’il est superflu de la commenter ! Elle s’adresse aux petits enfants, aux pères, aux jeunes gens… à moi, à toi… à tous ceux qui constituent le peuple de Dieu, l’Église. « Vous connaissez le Père… vous êtes forts… la parole de Dieu demeure en vous et vous êtes vainqueurs du Mauvais… N’aimez pas le monde… la convoitise de la chair… des yeux… la confiance orgueilleuse dans les biens… ». Tout ceci passe et passera, dit l’apôtre Jean, mais « celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais ».

Conclusion :

« Mon bien-aimé avait une vigne… »

Le Seigneur est-il notre bien-aimé ? Sommes-nous de sa vigne, dans sa vigne ? Sommes-nous de bons vignerons ? Portons-nous les fruits dignes du Royaume dans ce monde troublé, perturbé ?

Pasteur Joël Mikaélian –  01/10/2020

Mon bien aimé avait une vigne

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