Jr 31, 7-9 / Psaume 126 / Mc 10, 46 à 53
« Prend courage, lève-toi… »
D
1°) « Levez-vous… poussez des cris de joie… Prend courage, lève-toi… »
« Levez-vous… poussez des cris de joie… » C’est la parole que Dieu adresse à un peuple abattu, captif, réduit à l’état d’esclavage, sans espérance et sans avenir. C’est pourtant un peuple responsable de son malheur et de ses larmes. Un peuple qui s’est révolté à maintes reprises contre son Dieu. Un peuple qui ne mériterait que l’indifférence et l’oubli de la part de ce Dieu qu’il a si souvent offensé par son indifférence et son incrédulité ! Autant dire que Dieu pourrait très bien l’abandonner à son triste sort ! Mais voilà que par la bouche du prophète Jérémie, Dieu l’appelle à nouveau avec amour. Il lui adresse cette parole qui relève, fondement même de toute joie véritable : « Je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. Je te rétablirai encore, et tu seras rétablie… » (Jer. 31. 3). C’est alors qu’ils se disent : « Levez-vous… montons… vers l’Eternel, notre Dieu ». Et Dieu s’engage alors pour eux : « Voici, je les ramène… je les rassemble… une grande multitude… ils viennent en pleurant… Je les mène vers des torrents d’eau… » (Jer. 31. 7 et ss). Ces promesses se sont totalement réalisées quelques années après. Les livres d’Esdras et de Néhémie nous racontent ce retour miraculeux. Dieu relève ceux qui se lèvent et vont vers lui. S’il permet parfois des temps de larmes, il ne laisse jamais ses enfants dans les larmes.
« Prend courage, lève-toi, il t’appelle… » C’est la parole à un aveugle qui crie sur le chemin de Jéricho. « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi… ». Il crie de plus en plus fort alors qu’on veut le faire taire. Mais il ne se laisse pas faire, il ne se laisse plus mépriser. Il est sûr que celui qu’on appelle Jésus est bon. Il ne pourra pas le rejeter. Dieu ne rejette jamais celui qui crie à lui. Bien au contraire, il l’appelle. La foule n’en revient peut-être pas, elle n’en croit peut-être pas ses oreilles, mais elle ne peut que se rendre à l’évidence. Jésus appelle bien l’aveugle ! « Prend courage, lève-toi, il t’appelle… ». Il jette son manteau, il se lève d’un bon, il vient vers Jésus. Et là, tout change pour lui. Il reçoit le salut éternel par la foi : « Ta foi t’a sauvé… » Lui dit Jésus, et il voit et il suit Jésus.
Des larmes à la joie : que ce soit des larmes de repentance pour le peuple, comme des larmes de souffrance pour l’aveugle, elles conduisent toutes à la joie pour ceux qui se lèvent et s’approchent de Dieu. Chacun peut dire alors : « L’Eternel a fait pour eux de grandes choses ! » (Ps. 126. 2). Pour toi aussi l’Eternel peut faire de grandes choses. Lève-toi, vas vers Lui !
2°) « Ceux qui sèment avec larmes… »
Le Psaume 126 nous parle aussi de joie de larmes. Il nous dit qu’il existe des temps de larmes dans la vie. Il est des larmes qui participent à l’œuvre de Dieu, qui s’inscrivent dans ses œuvres. Elles correspondent à des temps de semences, de travail, qu’il ne faut ni redouter ni rejeter. Ces temps ne doivent pas nous décourager, nous inquiéter, nous faire douter de la bonté de Dieu.
Certes, il est des larmes incompréhensibles, inacceptables, injustes. Des larmes qui ne demandent que notre compassion et nos prières ; il s’agit de celles que l’on éprouve face à la mort (Ex. accidents et autres drames).
Mais les larmes ne sont pas toujours de cet ordre là. Elles sont parfois porteuses de vie et de joie. Elles transforment parfois les sols durs en sols fertiles pour que la semence de la Parole de Dieu puisse pénétrer. N’ayons pas peur, ni honte de ces larmes. Elles sont utiles, parfois nécessaire dans les temps de semences. L’image nous montre qu’on ne peut pas moissonner sans semer.
Il existe différents temps de semences : des temps où Dieu sème sa Parole dans nos cœurs. Temps où Dieu œuvre en nous par sa Parole et l’Esprit Saint. Des temps où il nous façonne à l’image de son Fils Jésus, afin que nous lui ressemblions toujours plus. Il est des transformations qui ne se font pas sans larmes ! Le Seigneur lui-même a versé des larmes sur cette terre. Notre salut ne s’est pas accompli sans la croix, sans sa mort sur la croix.
Il existe aussi des temps de semences autour de nous comme au loin. Ce sont de ces temps où le témoignage est difficile, les choses ne vont pas de soi, les cœurs sont durs, insensibles. Ce sont ces témoignages qui nous coûtent, ceux pour qui l’on pleure. Mais l’Esprit Saint fait son œuvre autour de nous en silence. Dieu utilise parfois nos larmes pour rendre fertiles, sensibles des cœurs à la semence de sa Parole ; à l’amour qu’il manifeste par son Esprit.
N’ayons pas peur, ni honte de ces larmes ; elles sont précieuses pour Dieu, elles ne sont pas inutiles. Elles sont fécondes par l’action de l’Esprit Saint.
3°) « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d’allégresse… »
Le Ps 126 se termine par la joie, car effectivement, pour les croyants, tout se terminera par la joie ! Après la semence, il y aura la moisson. Il y aura des temps de moissons déjà en ce monde. De ces temps de joies de voir de belles choses de Dieu se produire en nous et autour de nous. Joie de voir l’œuvre de Dieu, sa bonté, ses bienfaits, ses bénédictions dans nos vies. Une santé retrouvée, un travail, une réussite, une réconciliation, une naissance, une parole d’encouragement, un sourire, joie du salut trouvée ou retrouvée. Ce sont de petites moissons qui préfigurent et annoncent la grande et dernière moisson. Lorsque le Christ viendra dans sa gloire établir son royaume éternel. Il y aura, pour ceux qui auront cru en lui, abondance de joie. Joie et consolation car « Il essuiera toutes larmes de leurs yeux, et la mort ne sera plus… » (Apoc. 21. 4). Il n’y aura plus de larmes pour ceux qui auront cru. Mais pour d’autres, pour ceux qui auront refusé la grâce du salut offerte par le crucifié, ce sera des larmes sans fin.
Conclusion :
« Prend courage, lève-toi… »
Dieu relève ceux qui se lèvent.
Il sauve ceux qui se lèvent et qui viennent à lui avec foi. Lève-toi, va vers Lui. Il remplit de joie ceux qui l’aiment, de cette joie du salut.
La joie du salut peut être mêlée de larmes, mais elles ont un sens pour Dieu. Ne nous décourageons pas. Elles sont porteuses de vie, fécondes par l’Esprit.
Ne nous lassons pas de prier, de verser des larmes, de témoigner de l’évangile partout où nous nous trouvons. En Jésus, la joie triomphera toujours des larmes !
Pasteur Joël Mikaélian
25/10/15