1 Sam. 16. 1 à 7 / Jean 9. 1 à 12
« Dieu ne regarde pas comme les hommes… »
Comment Dieu nous regarde-t-il ? Quel regard porte-t-il sur le monde, la nature humaine ? Quel regard porte-t-il sur toi, sur moi ? Autant de questions importantes à poser et à se poser aujourd’hui, dans la société de l’image qui est la nôtre ! Combien il est important de soigner son image ! L’apparence compte n’est-ce pas ? C’est souvent à travers elle que l’on essaie de paraître sous notre meilleur jour. C’est à travers l’image que nous essayons de discerner le cœur de la personne en face de nous. Certes, l’apparence dit quelque chose de la personne. Elle dit quelque chose de nous, de ce que l’on vit, de ce que l’on pense, si l’on est heureux ou malheureux, serin ou soucieux, ouvert ou fermé… Certes, l’apparence compte, mais comme le dit le proverbe, « les apparences sont trompeuses » souvent, parfois ! Et nous pouvons nous laisser tromper par les apparences des uns et des autres et même parfois nous tromper nous-même. Et si ce matin, nous laissions Dieu porter son regard sur nous et nous parler de ce qu’il voit en nous, dans notre vie intérieure ; le laisser nous dire comment il voit de ce monde ? En ce 4ème dimanche du Carême, les textes de ce matin nous invitent à méditer sur le regard de Dieu. « Dieu ne regarde pas comme les hommes… » Comment Dieu nous regarde-t-il ? Quel regard porte-t-il sur le monde ?
1°) « L’homme regarde ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur… »
Le prophète Samuel n’a pas eu un ministère facile. Dieu l’envoi d’abord oindre Saül comme roi, un homme de belle apparence. Saül est saisi par l’Esprit de Dieu, il est transformé, il est même écrit que « Dieu lui donna un autre cœur… ». Tout va bien jusqu’au jour où Saül commet une faute grave et que Dieu le rejette. Et voilà que Dieu lui demande d’oindre un nouveau roi du vivant de celui qu’il a rejeté. Samuel obéit avec crainte. C’est là que Dieu lui dit cette vérité importante : « Ne prend point garde à l’apparence… L’homme regarde ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur… ». Samuel aura du mal à faire son choix en faisant passer devant lui les 7 frères de David, que Dieu ne choisit pas. Le choix de Dieu se portera finalement sur le plus jeune de la fratrie. Dieu choisit le plus improbable, qui pourtant se montrera le plus capable. David deviendra roi et malgré ses erreurs et ses faiblesses deviendra « un homme selon le cœur de Dieu ».
Dieu ne regarde pas comme nous, il ne s’arrête pas à nos apparences, il ne se laisse pas impressionner ou trompé par nos apparences. Il nous invite à être sincère devant lui. Ne jouons jamais la comédie devant Dieu, cela ne sert à rien. Apprenons à être sincère, vrai devant Dieu. Dieu sait réellement qui nous sommes, quels sont nos points forts, nos points faibles, les dons qu’ils nous a donné. Il nous connaît mieux que nous même. « Eternel ! tu me sondes et tu me connais, … tu sais tout de moi… C’est toi qui m’as tissé dans le sein de ma mère… ». Dieu sait tout de moi, qu’est-ce-que cette vérité m’inspire ? Le psalmiste David, est émerveillé et son cœur déborde de reconnaissance, de louanges, de gratitude. Pourquoi n’est-il pas inquiet alors qu’il devrait l’être au regard de ses nombreuses fautes ! David a appris simplement à être vrai devant Dieu, il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas tricher avec lui. Il pouvait tromper tout le monde, mais il ne pouvait pas tromper Dieu. Et c’est là qu’il a découvert l’amour, le pardon, la grâce de Dieu. C’est avec ce même amour que Dieu nous considère, te considère qui que tu sois. Aujourd’hui, Dieu nous voit à travers son Fils Jésus Christ, il nous voit à travers la croix, il pardonne nos fautes, nos manquements, tous ce que nous lui confessons avec sincérité. Laissons le regard d’amour de Dieu nous atteindre et louons-le comme David. C’est ainsi que Dieu nous regarde. Ce qui importe, ce n’est pas le regard que les autres portent sur toi, c’est le regard que Dieu porte sur toi. Et si ce matin tu te sens méprisé, il y a une bonne nouvelle pour toi, Dieu te voit autrement, il voit ton cœur, et tout ce qu’il a mis en toi.
2°) « Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance… »
Pour les disciples, cet homme les questionne : comment cet homme a-t-il pu être punit par Dieu dès sa naissance ! Pour les disciples et les religieux de ce temps, c’est un cas d’école. Il y a nécessairement un péché à l’origine de cette maladie. Lui, peu probable, sa famille… ? L’évangile de Jean consacre tout un chapitre à cet aveugle. Et là où les hommes voient un pécheur, un homme suspect, des parents suspects ; là où les hommes se questionnent, s’interrogent sur le cas de cet aveugle ; peut être y voient-ils là un cas intéressant, un objet de débat… Jésus voit un homme à guérir. Il s’approche de lui, et engage un mode opératoire étonnant, répugnant peut être. Il crache à terre, fait de la boue et l’applique sur les yeux de l’aveugle et l’envoie se laver au réservoir de Siloé. L’aveugle s’exécute et revient voyant clair. Au-delà de la guérison, nous savons que les miracles de Jésus sont des signes, des messages que Jésus adressait aussi bien aux malades qu’aux témoins de ces guérisons et à nous aujourd’hui. Et plutôt de nous questionner sur le pourquoi de la maladie, Jésus nous questionne sur le regard que l’on porte à ceux qui souffrent autour de nous. Regards accusateurs, étonnements, cherchant à comprendre les causes de telle ou telle souffrance, épreuve… Et nous renvoie à nos aveuglements, notre propre besoin de guérison. Certes, cet homme est aveugle dit Jésus, mais vous aussi, votre cœur est aveugle, vous ne voyez pas bien. C’est ainsi que Dieu voit le monde. Des hommes et des femmes aveugles spirituellement, qui se perdent pour l’éternité. Des hommes et des femmes victimes de conflits incessants. Des hommes et des femmes responsables de conflits incessants. Une église qui peine à voir l’essentiel, la misère et la souffrance humaine, et qui regarde ailleurs, à son bien-être, qui discute de cas d’école, sans voir la personne qui souffre et encore moins son cœur.
3°) « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? »
Les voisins ont du mal à croire ce qui s’est passé. Comment Dieu peut-il guérir mon cœur, mon regard sur moi-même, sur les autres, sur la vie, sur le monde ? Comment Dieu peut-il me permettre de me voir comme il me voit, de voir les autres comme il les voit ? L’aveugle répond tout naturellement : « l’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m’a dit : Va au réservoir de Siloé et lave-toi. J’y suis allé… ». L’homme qu’on appelle Jésus a été brisé, crucifié, pour toi, pour le monde, il nous dit comme à Pierre la veille de sa crucifixion « Si je ne te lave, tu n’auras pas de part avec moi… ». Laisse-moi te pardonner, te purifier, te remplir de mon amour et regarde, ouvre les yeux sur toi, sur ta sœur, sur ton frère. Regarde l’amour que j’ai pour toi, débarrasse-toi de tes fausses idées, de tes mauvais préjugés, sur toi, sur les autres… Mais aussi, regarde autour de toi, les aveugles spirituels, regarde autour de toi ton frère, ta sœur qui traverse un temps difficile de son existence… C’est ce que le Seigneur dit sa lettre à l’église de Laodicé, une église auto-suffisante, fière d’elle-même et pourtant tiède à ses yeux : « Je te conseille d’acheter chez moi… un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue… repens-toi… Voici, je me tiens à la porte et je frappe… » (Apoc. 3. 18 et 20).
Conclusion
« Dieu ne regarde pas comme les hommes… »
C’est avec amour que Dieu te voit ce matin, à travers la croix, il connait tout de toi, au-delà des apparences, place-toi sous son regard tel que tu es et laisse le te remplir de son amour par son Esprit, guérir ton regard sur toi. Ce qui importe, ce n’est pas le regard que les autres portent sur toi, c’est le regard que Dieu porte sur toi. « O Dieu crée en moi un cœur pur… ».
C’est avec amour que Dieu voit ce monde au-delà des apparences. Il voit des hommes et des femmes qu’il aime, qu’il veut sauver, guérir spirituellement. Il t’invite à les voir aussi, comme il t’invite à voir tes frères et sœurs qui peinent, qui passent par des temps d’épreuves, il t’invite à prier pour eux, à les encourager, à prendre soin d’eux… Ce qui importe, ce n’est pas le regard que les autres portent sur ce monde, c’est le regard que Dieu porte sur lui et qu’il t’invite à porter.
« Dieu ne regarde pas comme les hommes… »
Louons-le pour sa grâce et apprenons à nous regarder et à regarder le monde comme lui, pour être libéré du regard des autres et nourrir notre prière pour les autres. A ne pas se surestimer ou a se sous-estimer, recevoir de lui, son regard juste.
Pasteur Joël Mikaélian
15/03/2026