Matthieu 25. 14 à 30 / 1 Thessaloniciens 5. 1 à 6
« Restons vigilants… »
1°) Chacun reçoit selon sa capacité : « A chacun selon sa capacité… »
Mais il vaut la peine de nous arrêter déjà quelques instants et nous interroger par rapport au regard que l’on porte les uns sur les autres dans l’église, ou même au-delà. Nous interroger sur tous les sentiments d’injustice que nous pouvons avoir, les jalousies vis-à-vis de ceux qui paraissent plus favorisés que nous par la vie. C’est une réalité, l’humanité n’est pas faite de clones, de robots identiques. Il n’y a pas, à vues humaines, de répartition égale des richesses, des dons, des capacités parmi les humains. Mais chacun est invité à apprécier ce qu’il est, ce qu’il a reçu de Dieu. Chacun est invité à chercher à découvrir toujours plus ce qu’il a reçu au lieu de perdre son temps et son énergie à convoiter ce que l’autre a reçu. Vouloir ce que les autres ont reçu, équivaut peut-être à faire de mauvais investissements ou bien à contracter des crédits trop importants pour nous ! L’ambition est une bonne chose, à condition qu’elle ne soit pas basée sur la convoitise, encore moins sur le mépris de l’autre ou sur l’orgueil. Et si cette parabole nous enseignait à vivre dans la reconnaissance, la gratitude, l’action de grâce envers ce Dieu qui ne nous doit rien ? A être reconnaissants pour ce que nous sommes, ce que nous avons ? « Compte les bienfaits de Dieu… tu verras en adorant combien le nombre en est grand ». Et qu’importe si d’autres ont reçu plus.
2°) Dieu donne et laisse l’homme libre de l’usage de ses dons : « Il leur confia l’administration de ses biens… »
Et là, nous voyons que chacun use de son intelligence et de sa sagesse à partir du capital qu’il a reçu. La sagesse ici, c’est de faire fructifier, c’est investir, rapporter… On est en plein capitalisme (rien de nouveau sous le soleil). La folie, c’est de thésauriser, de cacher, d’enterrer, de ne prendre aucun risque, même pas le risque d’une épargne sécurisée à la banque. L’application de la parabole aux dons que Dieu nous donne est assez simple ! Et pourtant, ne sommes-nous pas souvent frileux quant à l’exercice de nos dons, de la vie que Dieu nous donne ? Ne vivre que pour soi, ne penser qu’à soi, à son avenir, à son bien être à celui de notre famille… N’est-ce pas en quelque sorte, cacher le don de Dieu, enterrer ce qu’Il nous a confié ? Mettre sa vie au service des autres, savoir donner de notre temps, de notre argent, de nos capacités et de nos dons, n’est-ce pas là la sagesse que Dieu nous recommande ici ? Faire fructifier, c’est prendre le risque de donner, d’investir, certes avec prudence, c’est-à-dire en étant conscients de nos limites. Il est important de ne pas faire n’importe quoi, encore faut-il faire quelque chose, entreprendre ! Et ce ne sont pas les services qui manquent dans l’église. Ce ne sont pas les besoins qui manquent non plus. Dans le domaine spirituel et de la vie de l’église, les besoins sont illimités. Nous avons des questions personnelles à nous poser, comme des questions communautaires. Il faut réfléchir, prier, débattre afin que là aussi, les risques soient calculés, les investissements bien faits, afin que le résultat soit positif. Car la parabole met l’accent sur un autre aspect des choses.
3°) Celui qui donne, un jour demande : « Longtemps après… »
Car même si la parabole souligne qu’un temps assez long s’écoule, le maître revient un jour. Il n’a pas fixé de délai précis à ses serviteurs, mais il revient. C’est dans la perspective de ce retour que Jésus a raconté cette parabole. Et comme nul ne sait la date de ce retour, la parole de Dieu nous exhorte à la vigilance et à la sobriété chaque jour. Nous devons être prêts à rendre compte à Dieu de nos vies, à chaque instant. Que lui dirons-nous ce jour là ? C’est la question à nous poser sans nous culpabiliser, mais en ouvrant notre cœur devant Dieu. Mettons notre vie sous son regard et acceptons de nous remettre en question si besoin, de faire les ajustements nécessaires. N’ayons pas peur de faire un bilan de notre vie chrétienne : « Seigneur, regarde, Seigneur, voilà ce que je fais, ce que j’ai fait de ce que tu m’as donné. J’ai accepté ou pas ta grâce, ce salut merveilleux, ta paix et ton pardon. J’ai reçu ton Esprit, ton amour et j’ai essayé ou pas de le partager avec d’autres. Je n’ai peut-être pas fait de grandes choses mais j’ai fait ce que j’ai pu avec ce que tu m’as donné. Montre-moi si je peux faire plus, si tu attends plus de moi. J’ai prié pour les autres, chaque jour, j’ai prié pour l’église, j’ai participé au fonctionnement de ce corps par les dons que tu m’as donnés. Pourrais-je faire plus ? Prenons cette parabole au sérieux. Alors au dernier jour, certainement que le Seigneur pourra nous dire : « Très bien, tu as été fidèle en peu de choses… viens partager la joie de ton Maître ».
Conclusion :
« Restons vigilants… »
Notre Dieu est généreux, Il donne à tous. Il a même donné sa vie pour nous sauver. Il a donné des dons à chacun, nul ne peut dire qu’il n’a rien reçu. Le Seigneur nous fait confiance pour ses affaires, pour son épouse, l’église. Il nous donne généreusement pour un but précis, un service, un travail dans son œuvre. Il y a de quoi faire dans ce monde. Dieu n’est pas dur, Il est amour, Il nous laisse libre. Il nous encourage à servir. Ne trahissons pas sa confiance. Ne le décevons pas par nos négligences, notre tiédeur ou notre paresse. Il reviendra un jour, peut être maintenant. Il nous encourage à être prêt à tout instant.
Pasteur Joël Mikaélian
13/11/11