Ez. 37. 1 à 10 / Rom. 8. 8 à 11 / Jean 11. 1 à 10
« L’Esprit est votre vie… »
La Parole de Dieu nous invite à méditer ce matin sur l’Esprit, la force et la puissance de vie de l’Esprit de Dieu, l’Esprit Saint. Au sein de ce monde marqué par la mort, la maladie, les conflits de toutes sortes, la convoitise, la recherche du pouvoir, les ambitions de domination, les souffrances, les injustices… en ce 5ème dimanche du Carême, Dieu nous parle de vie, de force et de puissance d’amour et de résurrection. La vision de la vallée des ossements desséchés, la résurrection de Lazare témoignent de cette puissance de vie en qui donne à espérer dans ce monde marqué par la mort. « Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants… », disait Jésus à ceux qui s’interrogeaient sur la résurrection. Il veut donner vie à tout ce qui semble mort aujourd’hui, en nous et autour de nous. Comment entrer et vivre dans cet environnement de vie ?
1°) « Fils d’homme, prophétise sur ces os… »
C’est la parole que le prophète Ezéchiel adresse de la part de Dieu, à des ossements desséchés. La vision est morbide, désolante. On a l’impression d’arriver après un grand cataclysme, ou sur un champ de bataille, ou peut-être suite à une guerre nucléaire qui a tout détruit, tout anéanti. Il n’y a plus aucune trace de vie. Et Dieu fait passer le prophète au milieu de cette désolation afin qu’il constate qu’il n’y a plus rien de vivant, plus rien à espérer. Et il le questionne : « Ces os pourront-ils revivre… ? ». Ce qui est mort, fini, peut-il vivre à nouveau ? Ezechiel semble septique : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais… ». Et c’est là qu’il reçoit une parole : « prophétise…, parle à ces ossements… », parle à ces morts, parle… mais à qui, pourrait dire le prophète, tout est mort, fini…. Ezéchiel s’exécute : « Ecoutez, les morts, je vais faire entrer en vous un esprit et vous vivrez… je vous donnerai des nerfs, de la chair, de la peau, un esprit et vous vivrez ». C’est alors qu’Ezechiel assiste à un spectacle inouï. Un bruit, des mouvements, les os qui se rassemblent, les nerfs, la chair, la peau… Mais il manque la vie. Et Dieu continu : « Parle à l’Esprit… Esprit, viens, souffle… » Et la désolation se transforme en vie ! Et Dieu d’expliquer le sens de la vision, de nous expliquer le sens de la vision. Ces os, c’est vous, c’est nous. Ce sont ceux qui pensent et qui disent : « nos ossements sont desséchés, nous n’avons plus d’espérance… »Ces os c’est vous, c’est nous, c’est ce monde… Tout ce qu’il y a de désolant, de mort, de situation perdue pour toujours, où il nous semble qu’il n’y a plus rien à espérer… Ces os, ce sont nous lorsque nous disons pour telle ou telle situation qui nous concerne : « C’est mort… c’est fini, il n’y a plus rien à faire… ». Ces expressions devraient être bannis du vocabulaire des chrétiens, de notre vocabulaire. Demandez, priez, croyez, espérerez… vous verrez et vous saurez que je suis l’Eternel. Parle, prophétise, parle de ma part, soit mon porte-parole, pour toi, autour de toi… Pour que l’Esprit Saint mette la vie, donne la vie dans tout ce qui nous semble mort, qui est mort. Entrer dans un environnement de vie, c’est espérer envers et contre tout en la puissance de vie de l’Esprit Saint.
2°) « Si le Christ est en vous… »
Mais, avons-nous accueilli le Christ, l’Esprit Saint, l’Esprit du Christ, l’Esprit de Dieu… ? Il est étrange que l’apôtre Paul utilise ici plusieurs expressions différentes qui in fine, définissent toutes la même réalité, la même expérience spirituelle de la nouvelle naissance, de la conversion. Cette expérience de foi, de croire que Jésus est le Christ, le Messie de Dieu, envoyé dans le monde pour le sauver. Elles nous parlent de cette expérience de croire que sa mort de Jésus sur la croix a expié toutes les fautes, tous les péchés du monde, mes péchés. Et de croire que par la foi, avec amour, avec sa parole, le Christ est venu habiter en nous par l’Esprit. Nous sommes habités, tu es habité par l’Esprit de Dieu si tu es en Christ. Pas de doute à ce sujet, c’est une question de foi et non de sentiments ou d’émotions, même si cela peut avoir sa place. Il s’agit de croire en la parole de Jésus. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui… ». « Or vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas. Si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit est votre vie, puisque vous êtes devenus justes… ». Avons-nous accueilli le Christ ? Tu peux le faire ce matin simplement par un acte foi, une prière. Mais pour nous qui l’avons accepté, sommes-nous toujours conscients de cette présence en nous, présence de Dieu, d’amour, de compassion, de paix, de sainteté, présence de vie d’espérance, de confiance… Que de fois n’avons-nous pas conscience de cette présence en nous ! Que de fois, étouffons-nous la voix de Dieu par nos raisonnements, nos pensées, nos découragements, nos déceptions, nos craintes, nos peurs… Que de fois avons-nous attristé l’Esprit… ! Entrer dans un environnement de vie, c’est accueillir le Christ par la foi et prendre conscience de la présence de l’Esprit en nous.
3°) « Je crois Seigneur… »
C’est ce que Marthe et Marie ne cessent de répéter à Jésus qui leur dit « Ton frère vivra… Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort… ». « Oui, je crois Seigneur que tu es le Christ… mais si tu avais été là… Je crois Seigneur… mais il sent déjà, c’est le quatrième jour… ». Il n’y a plus rien à faire, c’est mort ! Tout au long du chapitre 11 de l’évangile, Jean nous parle de la foi de Marthe : « Je sais que tout ce que tu demanderas… Je sais, je crois… » Et lorsqu’elle arrive devant le tombeau, tout à coup, tout s’écroule, la réalité prend le dessus de la foi, de la confiance… « Non ce n’est pas possible Seigneur, tu ne vas pas faire ça, c’est impossible, on va être la risée de tous … » « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu… Lazare, sort ! … ». Que s’est-il passé dans le tombeau, on ne sait pas. Comment l’Esprit est entré en Lazare et lui a redonné vie, on ne sait pas. Mais ce que l’on sait, ce que l’on croit c’est que l’Esprit l’a ressuscité, le même Esprit qui nous ressuscitera un jour, le même Esprit qui donne vie et donnera vie à toutes nos situations de morts aujourd’hui.
Cessons de ne regarder nos vies, nos situations, celles de ce monde avec notre regard humain, avec les limitations de notre raison. Cessons d’anticiper notre vie, de craindre souvent le pire de l’avenir, avec notre raison. Certes, Dieu nous a donné la capacité de penser, de réfléchir, de raisonner, … Mais que cela ne nous enferme pas dans nos limites, pire encore, que cela ne nous enferme pas dans l’incrédulité, dans une forme de foi uniquement raisonnable… Apprenons à conjuguer foi et raison au lieu de les opposer. Entrer dans un environnement de vie, c’est se donner la possibilité de croire au-delà de notre raison.
Conclusion :
« L’Esprit est votre vie… »
Entrons et vivons dans un environnement de vie, avec la puissance de vie de l’Esprit Saint, en l’accueillant dans nos vies, en étant conscient de sa présence en nous, en ayant foi au-delà de la raison humaine.
Pasteur Joël Mikaélian
22/03/2026