1 Sam. 3. 7 à 10 / Actes 2. 41 à 47
« Parle, Eternel, car ton serviteur écoute… »
Je vous invite à méditer particulièrement ce matin sur le texte des actes des apôtres qui nous décrit les débuts de l’église suite à la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte à Jérusalem au 1er siècle. Sans idéaliser cette photographie de l’église primitive, quel enseignement pourrions-nous en recevoir pour notre vie d’église à Issy-les-Moulineaux en 2012 ? Quelle parole pour nous ?
1°) « Ceux qui acceptèrent sa parole… »
Et ce jour là, ceux qui acceptèrent se firent baptiser. Dès lors, quelque chose de nouveau est né. Tous ceux qui vécurent cette expérience spirituelle, intérieure, eurent le désir de se rassembler, de constituer une communauté que l’on appellera très vite « Eglise » qui veut dire en grec « Assemblée, ceux qui sont appelés hors de… ». Depuis plus de 20 siècles, il en est de même pour tous ceux qui acceptent la bonne nouvelle de l’évangile. Avec des différences, des distinctions, des imperfections, des erreurs parfois, l’église a traversé les siècles et bien des pays. Elle a évolué, elle s’est réformée à maintes reprises. Mais son fondement est toujours resté le même : Le Christ, son œuvre de salut parfaite, sa grâce, la parole de Dieu qui nous est transmise par le livre de la Bible.
« Ceux qui acceptèrent sa parole… ». C’est à nous, à chacun en particulier de faire cette démarche de foi, d’humilité, d’ouverture à l’Esprit Saint. Est-ce bien là notre expérience ? Et si je la faisais aujourd’hui ? Pour nous qui l’avons faite, soyons attentifs à ce qui va suivre.
2°) « Ils persévéraient… »
- a) Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres : Ils avaient certes, le privilège d’avoir les apôtres avec eux. Ceux qui avaient vécus avec le Christ et qui avaient été enseignés directement par lui. Quant à nous, nous avons à notre disposition l’ensemble des écritures saintes, la loi, les prophètes, les évangiles et les écrits des apôtres. A nous d’en faire bon usage, d’en faire une lecture et une méditation tant personnelle que communautaire. C’est le sens des études bibliques que l’église propose chaque semaine, en arménien et en français. Ou les groupes de maisons. Dans quelle mesure y participons-nous ? Persévérons-nous dans cette pratique ? Cette lecture de la Bible communautaire avec les frères et sœurs de l’église est un des fondements de la vie chrétienne, la Bible étant elle-même fondée sur la personne du Christ.
- b) Ils persévéraient dans la communion fraternelle : Ces premiers chrétiens avaient aussi à cœur de persévérer dans l’entretien de bonnes relations humaines et fraternelles. L’isolement constitue la pire des menaces pour le chrétien. Sans nier le bien fondé du recueillement personnel, des temps de retraite spirituelle, de temps de communion personnelle avec Dieu. C’est dans la relation avec les autres que l’on s’encourage mutuellement, que l’on trouve le soutien dont on a besoin au moment de l’épreuve. C’est dans la communion avec les autres que l’on grandit aussi, dans la confrontation des idées que l’on s’enrichit. C’est ensemble aussi, dans l’amour que l’on partage les uns avec les autres, que l’on est de véritables témoins du Christ. C’est à cela disait Jésus que l’on connaitra que vous êtes mes disciples. Jésus a aussi prié pour cette communion, disant même : « Qu’ils soient un, afin que le monde croit… »
- c) Ils persévéraient dans la fraction du pain : Il s’agissait pour eux également d’obéir et de respecter la demande du Christ de perpétuer ce geste. De faire mémoire de ce dernier repas de la Pâque que le Seigneur avait partagé avec ses disciples dans la nuit où il fut livré. Ce soir là, il avait rompu le pain disant qu’il était comme son corps qui allait être rompu, brisé sur la croix. Il avait partagé la coupe de vin disant que c’était comme son sang qui allait couler pour le pardon des péchés. Ce geste reste pour toujours la mémoire de l’amour du Christ, son sacrifice volontaire pour tous. En y participant, le croyant se rappelle qu’il est au bénéfice de l’amour et de la grâce de Dieu et qu’il doit à son tour aimer Dieu et son prochain. « Faites ceci en mémoire de moi… » C’est en obéissant à cette demande du Seigneur que nous sommes invités nous aussi à perpétuer ce geste plein de sens, sans le banaliser. C’est ce que nous faisons dans notre église, les premiers dimanches de chaque mois.
- d) Ils persévéraient dans les prières : C’est ici le 4ème élément, et non le moindre : la prière communautaire. C’était l’enseignement de Jésus : « Si deux d’entre vous s’accordent sur terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux » (Mat. 18. 19). La prière communautaire était pour cette première église un temps particulier où chacun pouvait partager et exprimer ses prières à Dieu, ses requêtes, ses besoins. C’est là où chacun pouvait aussi recevoir le soutien, la prière d’un frère, d’une sœur. Là encore, nous voyons que la prière communautaire a toute sa place dans la vie du chrétien. A côté de la prière personnelle, intime, privée, de ce cœur à cœur avec Dieu, tout chrétien a besoin aussi de prier avec d’autres. C’est la raison d’être de nos réunions de prières, en arménien comme en français. Prière qui demeure souvent le parent pauvre de la vie de notre église.
3°) « Le Seigneur ajoutait chaque jour à leur communauté ceux qu’il sauvait » :
« Parle Seigneur, car ton serviteur écoute… »
Que Dieu nous accorde la grâce d’entendre sa voix, de répondre à sa parole et de la mettre en pratique.
15/01/12
Pasteur Joël Mikaélian