«Ma grâce te suffit…»

Lecture : Esa.30 :15
2 Cor.12 : 6 à 10

Etre fort, c’est généralement ce que tous, croyants ou pas recherchent. Que cette force soit physique, morale, intellectuelle ou financière, il est vrai que nul n’aime être faible, ou en situation de faiblesse ; ce sont des choses que l’on redoute plutôt ; des situations dont on cherche à sortir au plus vite tant on est persuadés qu’elles ne peuvent rien nous apporter de bon, bien au contraire !
> En tant que chrétien, engagé dans l’Eglise, nous nous attendons généralement à recevoir des bénédictions de Dieu, proportionnelles à notre service ou notre amour pour lui.
> C’est alors que l’adversité nous surprend, nous déstabilise, nous questionne, peut nous choquer et même nous entraîner au doute, au découragement, ou à la déception.
> Mais ici, dans le texte lu, l’apôtre Paul semble vivre autre chose. Il va même jusqu’à affirmer des choses illogiques. «Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.» Il dit même qu’«il se plait dans les faiblesses».

Que penser de cela ? Qu’est ce que le Seigneur veut nous dire ce matin par ces paroles ? Comment expérimenter nous aussi cette force de Dieu dans notre faiblesse ? Comment des situations de faiblesse, peuvent-elle nous apporter quelque chose de bon ?

Méditons ce matin, en nous aidant de deux exemples de foi, différentes l’une de l’autre et présentes aujourd’hui encore parmi les chrétiens. Je veux parler de l’expérience de foi du peuple d’Israël et celle de l’apôtre Paul. L’une pour qui l’adversité a plutôt été source de faiblesse et de malheur; l’autre pour qui l’adversité à plutôt été source de force.

I. Le peuple d’Israël : Quel genre de foi a-t-il développé ? Toute l’histoire ancienne de ce peuple, relatée dans l’Ancien Testament, nous montre que sa foi, était particulière. En effet, ce peuple choisi par Dieu s’est habitué à fonder sa foi en Dieu sur des choses visibles, des bienfaits et des bénédictions palpables, concrètes…
– Ils ont vu : les miracles en Egypte, le miracle de la mer rouge, la présence de Dieu dans la nuée
– Ils ont entendu la voix de Dieu qui parlait à Moïse
– Sans compter tous les miracles dans le désert

Mais à côté de tout cela, nous voyons qu’à la moindre des difficultés; ce peuple se révoltait contre Dieu. Il suffisait que Dieu ne leur donne pas ce qu’ils voulaient, pour immédiatement chercher querelle à Moïse. Leur expérience de la foi était fondée seulement sur des choses visibles, sur leur bien être, leur réussite, leur prospérité à tous les niveaux. Il suffisait que Dieu dise «Non», ou qu’il ne s’exécute pas rapidement, pour qu’ils aillent immédiatement après des idoles. Et même, quand ils avaient ce qu’ils voulaient, ils avaient du mal à rester fidèle à Dieu. La prospérité aussi leur tournait la tête ! C’est seulement du fond de l’abîme qu’ils criaient vers Dieu.

C’est pourquoi Dieu leur dira par la bouche du prophète Esaïe : «C’est un peuple rebelle, ce sont des fils indociles, des fils qui ne veulent pas écouter la loi de l’Eternel, qui disent aux voyants «Ne voyez pas» et aux visionnaires. «N’ayez pas pour nous des visions exactes. Dites-nous des choses flatteuses, ayez des visions chimériques»… Otez de notre présence le Saint d’Israël..» (Es.30 :9 et 10)

C’est généralement ce qui arrive aujourd’hui encore à ceux qui ne fondent leur foi que sur des choses visibles de Dieu, sur leur bien être et sur les bénédictions dont Dieu serait redevable. Ils ne peuvent être constants dans leur foi et ne peuvent entendre que des flatteries. Ils supportent mal les remises en cause, les contrariétés, encore moins l´advéersité.

II. L’Apôtre Paul : Lui aussi est croyant. Il fait partie de ce peuple et croit au même Dieu. Mais son expérience de la foi est bien différente ; surtout face à l’adversité et aux difficultés de la vie. Il arrive à parler de ces choses de façon positive, constructive, il élabore même ce principe qui nous dépasse «quand je suis faible, c’est alors que je suis fort».

L’apôtre nous donne un exemple sa vie : Il a beaucoup prié pour que Dieu le libère d’une souffrance, peut être une maladie, (cette fameuse écharde dans la chair) et pour toute réponse il n’a eu que cette parole du Seigneur «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse». Paul accepte cette parole. Il ira même jusqu’à dire «je me plais dans les faiblesses..»

C´est que sa foi en Dieu était fondée sur autre chose que des miracles (bien qu’il en ait vu beaucoup), autre chose que son bien être, la prospérité et les bénédiction de Dieu.

1. Sa foi était fondée sur la miséricorde et la grâce de Dieu ; le pardon de Dieu en Christ. Il avait compris cela sur le chemin de Damas. Comment Dieu pouvait-il pardonner un persécuteur de l’Eglise ? Qui plus est, en faire un apôtre ? Quelle grâce ! Quelle confiance !

2. Sa foi était fondée sur la puissance de Dieu, de l’Esprit Saint et non sur ses capacités. C’est. pourquoi, il était avant tout un homme de prière, qui encourageait tous les chrétiens à «prier sans cesse».

3. Sa foi était fermement fondée sur l’Amour de Dieu. Il était persuadé que Dieu l’aimait beaucoup ; et que rien ne pouvait et ne pourrait le séparer de cet amour. Il a écrit que : «Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu… Qui nous séparera de l’Amour de Dieu…? J´ai l´assurance que rien ne pourra nous séparer de l´amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur» (Rom.8.28 et suivants)

4. Sa foi était fondée sur l’assurance de la vie éternelle. Il ne courait pas après la réussite et la prospérité de sa vie sur terre. Il savait jouir de la vie, des bénédictions de Dieu, sans s’y attacher. Il écrivait : «Les souffrances du temps présent ne sont rien comparées à la gloire qui est à venir.» (Rom. 8.18) Son espérance ultime était dans la vie éternelle.

III. Et nous, quel genre de foi avons-nous ? Quels sont les fondements de notre foi ? Que cherchons nous ? Qu’attendons-nous de Dieu ?
– Une vie tranquille, la prospérité, la réussite dans tous les domaines ?
– Que Dieu nous dise toujours «oui» ?
– Que Dieu nous donne toujours raison ?
– Que nous ne connaissions pas l’adversité, la faiblesse… pas de difficultés, d´incompréhensions dans notre vie relationnelle ?

Si telle est notre attente, notre foi, nous risquons bien des déceptions !

. La foi est un combat quotidien. Elle doit être fondée sur la grâce de Dieu en Jésus, sur sa puissance et sur son Amour sans limites.
. La foi accepte l’adversité, elle y fait face avec patience, détermination et confiance. Elle sait que Dieu n’abandonne jamais ses enfants ; qu’il est toujours présent. Cette présence du Saint Esprit est notre force : «Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde..
. La croix est une démonstration vivante de cette vérité. Alors que Jésus meurt, dans une extrême faiblesse, la puissance de Dieu se manifeste, le salut du monde s’accomplit.

Conclusion : «Ma grâce te suffit…» forts de cette promesse, ne craignons pas l’adversité, les difficultés, les défis nouveaux de la vie. Ne nous décourageons pas lorsque Dieu ne nous accorde pas ce que nous lui demandons. Entendons sa voix nous dire «Ma grâce te suffit…»
Apprenons à expérimenter cette puissante vérité «ma puissance s’accomplit dans la faiblesse». Que notre foi soit solidement fondée sur la Parole de Dieu !
«C’est dans le calme et la confiance que sera votre force.»

Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 08/02/2004