« Réjouissez-vous…parce que votre récompense sera grande dans les cieux »
Lecture :
Ps. 1 : 1 et 2 – Matth.5 : 1 à 12
Intro : Je vous invite à poursuivre notre méditation sur ce fameux texte des « Béatitudes ». Là où Jésus nous parle d’un bonheur et d’une joie tout autre que celle que le monde nous propose.
Les premières béatitudes nous invitaient à connaître la joie du salut, la joie d’être un enfant bien aimé du Père, en Jésus Christ ; à se réjouir aussi de la présence de Dieu en nous, de l’Esprit Saint qui console. Elles nous invitaient aussi à construire notre bonheur par des actes de douceur et de bonté envers notre prochain ; et en oeuvrant à notre niveau pour un monde plus juste.
Ce matin nous méditerons ensemble sur les 4 béatitudes suivantes. Que Dieu nous accorde la grâce d’expérimenter le bonheur et la joie dont il est question, dans notre vie quotidienne.
1. « Heureux les miséricordieux… » Dans un monde marqué par l’égoïsme, l’individualisme, où l’on a érigé en dogme «l’épanouissement de soi », le Christ invite ses disciples à prendre le contre-pied de ce comportement. (Luc 6.36) « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». Littéralement « Ayez un coeur pour la misère qui vous entoure, ayez du coeur ! » pour les autres. De la parabole du bon samaritain, à celle du serviteur impitoyable (Matth 18.23) Jésus nous met maintes fois en garde par rapport à l’indifférence ou le manque de compassion ou de miséricorde vis à vis de ceux qui sont en situation de détresse.
Alors, n’hésitons pas à ouvrir nos coeurs, avec sagesse certes, mais ouvrons-les, comme Dieu nous a ouvert son coeur de Père.
Il y a un bonheur, une joie promise pour ceux qui se laissent ainsi toucher par la détresse des autres. Que ce soit par une prière, une parole, un sourire, une écoute attentive, un respect ou un geste concret à ma portée… Soyons miséricordieux. (Sans se culpabiliser pour ce que l’on ne peut pas faire)
La joie, c’est qu’en retour aussi, Dieu me fera miséricorde lorsque je ferai appel à lui dans mes situations de détresses.
2. « Heureux les coeurs purs… » A qui Jésus pense-t-il ici, à qui s’adresse cette béatitude ? A ceux qui disent avoir la conscience tranquille ? Le coeur pur ? A ceux qui disent n’avoir jamais fait de mal ? Pourtant Le prophète Jérémie nous dit : « Le coeur est tortueux par dessus tout, et il est méchant, qui peut le connaître ? » (Jer. 17.9). Combien cette parole est vrai et nous invite à la lucidité. Que de gens se trompent eux-même se croyant pur, ayant la conscience tranquille ? Que de fois avons-nous vu et entendu des personnes ayant un comportement répréhensible, dire « j’ai la conscience tranquille »? En toute bonne foi ? Cela peut nous arriver aussi !
Combien avons-nous besoin d’apprendre et de réapprendre sans cesse, à nous laisser examiner, sonder par l’Esprit Saint, avec la Parole de Dieu, afin d’avoir un regard juste sur nous-même. « Sentir » sa conscience tranquille n’est pas un gage de vérité. Les plus grands dictateurs avaient et disaient aussi avoir la conscience tranquille ! Certains même agissaient au nom de Dieu !
Ici, Jésus pense à tous ces pécheurs que nous sommes qui accepteront d’être purifiés, pardonnés par Dieu, à cause du sacrifice de Jésus sur la croix. Il pense à tous ceux qui placeront leur confiance dans la croix ; qui se reconnaissent tels qu’ils sont et croient que « Le sang de Jésus nous purifie de tout péché… » (1 Jean 1 :7)
Les « coeurs purs », ce sont tous ces pécheurs graciés que nous sommes, qui ont reçu un coeur pur au jour de leur conversion, de leur nouvelle naissance ; comme en vêtement blanc que Dieu leur a donné.
Les « coeurs purs », ce sont ceux qui, par la suite, acceptent d’être régulièrement purifiés par la Parole et l’Esprit Saint ; ceux qui acceptent leurs égarements plutôt que chercher à les justifier. Car le coeur de Dieu est toujours ouvert pour le chrétien repentant, « il ne se lasse de pardonner ». La Sainte Cène est aussi une occasion pour cela. Elle est l’occasion d´une nouvelle purification. (Prov.4 :23) « Garde ton coeur plus que tout autre chose… » de toutes les pollutions qui t’entourent.
> Alors > Tu auras la joie de voir Dieu face à face (Apoc 22.4)
3. « Heureux ceux qui procurent la paix… » Tout chrétien véritable a reçu un cadeau inestimable de la part de Dieu : la paix. La paix de Dieu, pas « comme le monde la donne ». La paix de Christ qui vient du pardon accordé. Cette paix intérieure fait aussi partie du fruit de l’Esprit Saint. C’est un beau cadeau, à l’heure où l´homme cherche par tout les moyens cette paix intérieure (Méditation, stages zen, pratiques de rituels orientaux…) la paix nous est offerte par grâce.
Il y a alors beaucoup de joie, de bonheur à procurer cette paix aux autres, dans les situations conflictuelles. Plutôt que de « jeter de l’huile sur le feu », soyons des hommes et des femmes qui procurent la paix à d’autres, là où ils sont, par leur présence seulement. N’hésitons jamais à faire oeuvre de paix. A nous réconcilier aussi avec les autres. « S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » (Rom12.18)
Procurer la paix, c’est une joie, assortie de cette belle promesse « ils seront appelés fils de Dieu. »
Joie de notre identité en Christ. La paix fait notre identité en Christ.
4. « Heureux ceux qui sont persécutés… » Cette joie-là aussi ne nous est pas naturelle, à moins d’être masochiste. Là encore, il faut préciser, qu’il y a victimes et victimes. Qu’il existe aussi ce que l’on appelle un « complexe de persécution » ou un processus de « victimisation » dont il faut se méfier, tant il est sournois et nous guette tous. Je veux parler de ce sentiment que l’on peut éprouver face à la contradiction, la critique ou l’indifférence. On peut très vite entrer dans le scénario du « mal aimé », du « rejeté ». Alors tout devient négatif, et même cette opposition des autres peut nous conforter dans ces travers et fausser complètement notre regard sur les situations que nous vivons.
> Plus vite on en sort, mieux c’est pour nous !
Ceci dit, il est clair que Jésus parle ici de véritables persécutions « à cause de lui et de l’évangile » est non à cause de nos idées ou de nos attitudes. (N’oublions pas tous les chrétiens persécutés dans le monde). > Ici la joie se nourrit d’espérance du royaume des cieux et de la récompense dont Dieu saura réjouir tous ceux qui auront été durement éprouvés au cours de leur vie, à cause de l’évangile. « Votre récompense sera grande dans les cieux. »
Conclusion : « Réjouissez-vous… votre récompense sera grande dans les cieux »
Que Dieu renouvelle en nous ce matin cette joie, ce bonheur d’être aimés et pardonnés, cette joie de la miséricorde, le bonheur d’un coeur pur et purifié, la joie de procurer la paix et la joie dans l’espérance du royaume de Dieu au sein même de nos épreuves.
Qu’il nous remplisse chacun ce matin de ces joies, bien différentes de celles que le monde nous propose et que nous recherchons trop souvent.
Approchons-nous de lui et prions selon que l’Esprit nous conduit, selon l’accent qu’il met sur tel ou tel aspect de ma vie maintenant.
Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 1er/02/2004