« Heureux… car le royaume des cieux est à eux »
Lectures :
Ps. 16 : 8 à 11
Matth. 5 : 1 à 12
Intro : De toute évidence, la joie et le bonheur dont il est question dans le texte des «Béatitudes», n’a pas grand chose à voir, avec le concept humain et logique du bonheur. C’est presque l’inverse même. On pourrait résumer en disant : «Heureux, vous qui êtes malheureux !». (Car les situations évoquées par Jésus ne sont pas très productive de bonheur)
> Alors, de quel bonheur s’agit-il ici ? Est-ce seulement un bonheur eschatologique, une espérance de bonheur ? Est-ce seulement un bonheur spirituel ?
> A qui Jésus adresse-t-il ces paroles ? Quelle est son intention ? Ces paroles sont-elles des déclarations, des principes de vie pour le chrétien, ou des promesses pour encourager un certain comportement ?
Je vous invite à méditer sur ces paroles, à nous laisser interpeller et renouveler par l’Esprit Saint. Qu’est ce que Dieu veut me dire ce matin ? Au travers de chacune de ces béatitudes ?
Nous en évoquerons 4 ce matin. Les autres, dimanche prochain.
1. «Heureux les pauvres en esprit…» Heureux ceux qui se reconnaissent comme tel devant Dieu. Il s’agit ici de la clé des béatitudes. > Le bonheur, la joie est pour ceux qui sont conscients de leur état de pauvreté spirituelle devant Dieu, qui reçoivent la grâce du salut en Jésus, le pardon des péchés et le Saint-Esprit pour vivre une vie nouvelle. > Le bonheur est pour ceux qui se repentent et qui, en Jésus, reçoivent le royaume des cieux. «Il est à eux» dit Jésus. Ici, il est question, de la joie du salut, joie actuelle, présente et joie dans l’espérance de l’Eternité. Joie et bonheur d’être devenu «enfant de Dieu».
> Connais-tu ce bonheur ? Ou fais-tu partie de ceux qui pensent qu’ils n’ont pas besoin de «naître de nouveau» ? Ou bien qui hésitent, craignant que la conversion va les priver de joie ? Non, la conversion libère de l’esclavage du péché, de la culpabilité, de la condamnation… et donne un vrai bonheur, une vrai joie de vivre. « Heureux...» dit Jésus
> Ce matin, tu peux accepter la grâce de Christ et expérimenter cette joie.
* Il est possible aussi, que tu ais perdu ce bonheur, cette joie… > Soit à cause des soucis quotidiens, des difficultés de la vie, des épreuves qui durent, des incertitudes d´avenir.. Il est si facile de perdre cette joie !
> Ou bien à cause du péché, qui attriste le Saint Esprit.
> Ce matin, le Seigneur t’invite aussi à retrouver cette joie, ce bonheur, par la repentance, ou en réalisant tout à nouveau ce que tu es en Jésus : «Un enfant bien aimé du Père tout puissant qui veille sur toi et qui prend soin de toi.» Tu es, en Christ, héritier du royaume des cieux.
2. «Heureux les affligés…» Ici aussi, la situation n’est guère productive de joie. Mais en Christ, le Saint Esprit est notre consolateur, constant, présent et fidèle. Il est question ici de ceux qui pleurent, qui sont en deuil et de la joie de la consolation. «L’Eternel est près de ceux qui ont le coeur brisé...» (Ps 34.19) > Il ne s’agit pas de se réjouir de l’affliction, mais d’expérimenter en Jésus, la joie de sa consolation. > Tout au long de sa vie, l’enfant de Dieu, comme tout un chacun, rencontre des situations douloureuses. Mais il les vit, les traverses avec le Seigneur, le consolateur. «Car l’Eternel m’a oint… pour consoler les affligés… pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu.» (Es. 61.3)> Le bonheur et la joie pour l’enfant de Dieu, est qu’il existe une consolation, un consolateur toujours présent. Il peut toujours prier comme David : «Pourquoi t’abats-tu, mon âme et gémis-tu au-dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore, il est mon salut et mon Dieu.» (Ps 42.6) Ici, il est question de «la joie de la consolation»
3. «Heureux ceux qui sont doux…» Cette 3ème béatitude est un peu différente des autres.
Elle ne concerne pas une situation douloureuse, ou un état passif. Elle fait appel à notre participation. Elle nous invite à être acteur, participant à notre bonheur. C’est à dire qu’en tant qu’enfant de Dieu, nous sommes appelés à construire notre bonheur par notre attitude de coeur.
> Il y a une réelle joie, un bonheur à être doux, bon (selon les traduction) ; de cette bonté et de cette douceur qui font partie du fruit de l’Esprit Saint. (Gal. 5.22) > Ici, c’est la joie d’être bon, doux, joie de la générosité du coeur, de celui qui donne et qui se donne, à l’exemple de Jésus Christ.
> Cette douceur, reçoit en héritage, la terre, et un héritage céleste. C’est Jésus qui l’a dit «Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites» (Matth. 25.40) > Chaque parole, chaque geste de douceur, de bonté à l’égard d’autrui, en Christ recevra sa récompense. C’est en espérance aussi que nous sommes heureux.
> C’est le réformateur Luther qui a disait à propos de cette béatitude «Le monde emploie la force pour posséder la terre, Jésus nous apprend qu’on la gagne par la douceur.» (Perdre, c’est gagner)
> Soyons de ces doux, de ces bons, avec l’aide du Saint Esprit, de ces généreux de coeur dont le monde a cruellement besoin. Apprenons à construire notre bonheur de cette façon.
«Ici, c’est la joie de donner» (Il y a plus de joie à donner qu´à recevoir)
4. «Heureux ceux qui ont faim et soif de justice…» Dans un monde marqué par l’injustice, tout enfant de Dieu espère un monde plus juste. Sans entrer dans la politique politicienne, c’est à dire la politique de parti, le chrétien doit être présent et dénoncer les injustices, surtout celles qui sont les plus criantes. Nous sommes appelés à avoir une analyse juste, éclairée par la Parole de Dieu, de la situation de notre monde. Que ce soit sur le plan social, économique, éthique, religieux, moral…
Ne soyons pas indifférents face à la détresse qui nous entoure. Faisons ce que nous pouvons pour que le monde soit plus juste.
> Il y a un bonheur et une joie pour ceux qui ont faim et soif de justice, même si cette joie est plus eschatologique, dans l’attente du royaume «où la justice habitera». C’est ce que Pierre écrit : «Nous attendons selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera.» (2 Pi 3.13) > Que notre attente soit active, pleine d’espérance et de joie, dans la perspective du jour où le Seigneur jugera toute chose et rendra justice. Il nous rassasiera, si nous avons eu faim et soif de justice.
> Nous poursuivrons les autres béatitudes dimanche prochain. Dieu voulant.
Conclusion : «Heureux… car le royaume des cieux est à eux»
– Ce matin, veux-tu, recevoir, expérimenter cette joie du salut ? Approche-toi de Dieu et accepte sa grâce. Et que Dieu renouvelle en nous chaque jour, cette joie, ce bonheur de le connaître, d’avoir part au royaume de Dieu, à ses grâces et ses bénédictions dès aujourd’hui et pour l’éternité.
– Soyons de ces heureux, enfants de Dieu
– Soyons de ces heureux, consolés de nos afflictions
– Soyons de ces heureux, plein de bonté et de douceur, les uns pour les autres et au-delà
– Soyons de ces heureux, qui ont pleine confiance dans la justice de Dieu et qui la souhaitent
«Il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite» (Ps 16.11)
«La joie du Seigneur sera votre force» (Néhémie)
Pasteur Joël Mikaélian
Dimanche 25/01/2004