Accueil Messages du Culte Message du culte du 28 août 2017 - «J’en rassemblerai encore… »
Message du culte du 28 août 2017 - «J’en rassemblerai encore… » PDF Imprimer Envoyer
Messages du Culte

Es. 56. 6 à 8 / Mt. 15. 21 à 28

« J’en rassemblerai encore… »

A

l’heure des exclusions, des nationalismes violents qui se proposent d’anéantir ceux qui ne sont pas des leurs, Dieu se présente à nous ce matin comme celui qui veut rassembler les peuples. « Ma maison sera appelée : « Maison de prières pour tous les peuples ». Une fois encore, le monde est bouleversé par de nouvelles séries d’attentats, les uns plus horribles que les autres. C’est encore, soi-disant, au nom d’un dieu que l’on perpétue ces atrocités sur de pauvres victimes innocentes. Ce sont encore des enfants, des familles entières qui restent sous le choc. Elles seront malheureusement encore vite oubliées du monde pour vivre le restant de leurs jours avec leur souffrance, l’incompréhension, la révolte ou la résignation. Certes, l’Ancien Testament regorge aussi de tels drames, même si les mobiles d’alors étaient autres. Mais en Jésus une aube nouvelle s’est levée pour le monde. Jésus est venu accomplir cette volonté de Dieu, de sauver tous les peuples. Volonté de rassembler, ceux que le diable divise et détruit. Son amour est universel, il ne fait pas de distinction entre les humains. L’histoire de cette femme cananéenne en est une belle illustration. Méditons là ce matin en ouvrant nos cœurs à l’Esprit Saint. Quel message recevoir ?

1°) « Aie pitié de moi, Seigneur… »

Cette femme vit une grande souffrance. Sa fille est tourmentée par un démon. On ne sait pas depuis quand ni dans quelles circonstances cela est arrivé. Jésus ne pose d’ailleurs aucune question à ce sujet. On ne sait pas grand-chose de l’histoire de cette femme, de sa famille, son mari, ses autres enfants peut-être. Le texte met l’accent sur son origine. Elle est étrangère aux promesses du Dieu d’Israël. Les croyants ne devraient faire aucun cas d’elle. Jésus ne devrait même pas lui prêter attention. C’est ce que ses disciples suggèrent d’ailleurs, en lui demandant de la renvoyer. Mais cette femme brave tous ces obstacles pour aller à Jésus. Elle ne tient pas compte de son origine étrangère, ni du regard que les juifs portent sur elle. Elle ne tient compte de rien si ce n’est qu’elle croit que Jésus peut faire quelque chose pour elle.

C’est ici un premier message que cette femme nous adresse, à savoir, le courage. Avoir le courage d’aller vers Dieu, vers le Seigneur face aux situations douloureuses qui nous dépassent et nous font souffrir. Crier à Dieu même si l’on se sait indigne. Braver les obstacles du regard des autres, de leurs préjugés à notre égard. Braver même nos propres préjugés à notre égard. Avoir le courage de crier à Dieu : « Aie pitié de moi, Seigneur… »

2°) « Il ne lui répondit pas un mot… »

Le silence de Jésus est étrange, choquant même. Les exégètes et les commentateurs sont d’ailleurs assez perplexes devant ce silence. Comment Jésus pourrait-il rester silencieux, comme insensible face à la souffrance de cette femme ? Insensible face à son courage, sa foi, ses attentes ? Il semble que le silence ait duré un certain temps. Que Jésus soit resté devant elle sans rien dire. Que devait-il faire ? La renvoyer au motif qu’elle était étrangère ? Cela aurait été trahir sa mission de sauveur du monde, de toutes les nations. Cela aurait été trahir la raison même de sa venue sur terre. Ou bien, devait-il l’accueillir et lui donner satisfaction sans aucune remarque ? Cela aurait choqué ses disciples et les juifs présents. Et leur donner une raison supplémentaire de le rejeter et de ne pas croire en lui. Que faire ? Avec sagesse, Jésus respectera aussi bien la place du peuple d’Israël que l’universalité de sa mission et de l’amour de Dieu. C’est ainsi qu’au terme du dialogue qu’il engage enfin avec cette femme, il lui donnera gain de cause, la guérison de sa fille. Jésus montre ici qu’il accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Prophéties qui nous rappellent que si Dieu a choisi dans le passé des hommes ou des peuples en particulier, cela n’enlève rien à son amour pour tous les hommes. C’est le message que Jésus est venu annoncer : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3. 16). Jésus est venu établir cette nouvelle alliance entre Dieu et l’humanité entière. Désormais, nul ne peut s’enorgueillir de sa nationalité ou se croire à l’abri de la colère de Dieu du fait de son appartenance à son peuple. Dieu fait grâce à tous ceux qui croient en Jésus, quelle que soit leur origine, leur histoire ou leur passé. Il ne méprise ni ne rejette personne.

Dieu aime tous les peuples, toutes les nations, il veut sauver tous les hommes en Jésus. Par la foi au sacrifice de Jésus à la croix, Dieu fait grâce à tous ceux qui crient vers lui, sans distinction de race, de position sociale, ou de d’appartenance d’église. C’est tout le message de son dialogue avec cette femme. Le sens du temps de silence qu’il a observé et du dialogue qu’il a eu avec cette femme.

3°) « Femme, ta foi est grande ! »

En quoi la foi de cette femme est grande ? Qu’est-ce qu’une grande foi ? La foi de cette femme est grande tout d’abord par le courage qu’elle a eu de braver tous les obstacles religieux et culturel pour aller vers Jésus. Elle est grande par la confiance qu’elle a eu en la puissance de Jésus pour guérir sa fille. Elle est grande parce qu’elle ne s’est pas laissé décourager par ce que les gens autour d’elle pouvaient penser. « Renvoie-là », disaient les disciples à Jésus. Elle est grande par sa persévérance, son obstination et surtout, son humilité. Cette femme aurait très bien pu se vexer des premières paroles de Jésus. Se faire traiter de « petits chiens » aurait pu la choquer et l’arrêter ! Mais non ! Bien plus « c’est vrai » dit-elle à Jésus ! Sa foi est grande car elle croit envers et contre tout. Elle croit surtout que ce qu’elle demande n’est pas un droit, mais une grâce. Elle reconnait que Jésus n’est pas obligé de répondre à sa requête. Elle s’attend à sa compassion, à sa miséricorde, à son amour, à sa grâce. Elle n’entre pas en débat sur le pourquoi des privilèges du peuple juif. Elle ne les jalouse pas. Elle ne crie pas à l’injustice face aux propos choquants de Jésus. Elle fait appel à la grâce de Dieu. Elle reconnait que tout est grâce de la part de Dieu. Que rien n’est un dû. Et elle obtiendra selon sa demande.

Que Dieu nous accorde une telle foi. Approchons-nous toujours de lui avec courage, sans nous laisser arrêter par les obstacles, l’environnement. Approchons-nous avec confiance, persévérance, humilité, conscients que tout est grâce de sa part. Nous ne méritons rien devant Dieu.

Conclusion :

« J’en rassemblerai encore… »

Telle est la volonté de Dieu. Que des femmes et des hommes de toutes nations, de tous peuples se tournent vers lui et soient sauvés. Son œuvre est en marche. En Jésus, par son sacrifice à la croix, Dieu sauve encore aujourd’hui tous ceux qui croient en lui. Participons à son œuvre par notre service et notre témoignage. Prions pour notre monde, les victimes des attentats, des drames de ce monde, les dirigeants. Prions aussi pour ceux qui sont séduits par le malin et qui commettent de telles atrocités.

Approchons-nous de Dieu avec foi pour tous nos besoins. Il ne rejette jamais celui qui s’approche de lui avec foi, persévérance, humilité. Confiants dans la grâce de celui qui est un Dieu de grâce.

Pasteur Joël Mikaélian
20/08/17

 

Eglise Evangélique Arménienne d'Issy-les-Moulineaux